Une étude de la Drees met en lumière l'impact disproportionné des déremboursements partiels sur les ménages à faibles revenus, exacerbant ainsi les inégalités sociales en matière de santé.
Alors que le gouvernement propose des déremboursements partiels de l’Assurance maladie, avec des hausses de franchises et de participations forfaitaires, la Direction de la recherche, des études et des statistiques (Drees) alerte sur les conséquences de ces mesures.
« Quelle que soit la mesure examinée, le coût relatif des déremboursements est deux fois plus élevé pour les ménages modestes que pour les adeptes de la santé financière », explique l'étude publiée par la Drees le 18 février 2026. Bien que la complémentaire santé solidaire (C2S) exonère certains frais, « elle ne couvre pas tous les ménages modestes, notamment en raison du non-recours ou de revenus légèrement supérieurs au seuil d'éligibilité », souligne le rapport.
Des impacts marqués pour les personnes âgées et en mauvaise santé
Les ajustements comme l'augmentation des franchises médicales (applicables aux consultations, médicaments et transports) touchent précisément les groupes les plus vulnérables. D'après la Drees, « ces mesures pénalisent particulièrement les individus en mauvaise santé, qui consomment davantage de soins ».
Bien que le gouvernement ait décidé de ne pas appliquer de nouvelles participations forfaitaires pour 2026, « l'impact des plafonds annuels est nettement plus ressenti par les plus gros consommateurs de soins », rappelle l'étude. Reconnaissant la lourdeur des hausses de ticket modérateur sur les médicaments et d'autres soins, comme les consultations dentaires, la Drees craint un renoncement aux soins pour les ménages modestes.
Alternatives aux déremboursements : peser les options
Pour compenser le déficit de l’Assurance maladie, la question se pose : serait-il plus judicieux de renoncer aux déremboursements pour privilégier des formes de prélèvements ? « Cela pèserait moins sur les ménages modestes et les personnes âgées », affirme la Drees. Cependant, cette stratégie aurait des implications sur les actifs, les prix, et l'emploi, qui méritent une analyse approfondie selon le rapport.
En somme, les réformes à venir doivent être soigneusement examinées pour éviter de creuser encore davantage les inégalités en matière de santé en France, souligne le site d'information La Nouvelle République.







