Le festival international du film de Berlin, la Berlinale, est en pleine tourmente depuis le 17 février, alors qu'il est appelé à se prononcer contre la politique israélienne au sujet de Gaza. Plus de 80 figures emblématiques du cinéma, dont des noms tels que Javier Bardem et Tilda Swinton, ont cosigné une lettre ouverte dénonçant l'absence de réaction du festival face au "génocide des Palestiniens".
Cette controverse a pris de l'ampleur lors d'une conférence de presse le 12 février, où le président du jury Wim Wenders a affirmé que le cinéma devait "rester en dehors de la politique". Cette déclaration a choqué de nombreux artistes, y compris l'écrivaine indienne Arundhati Roy, qui a annoncé qu'elle ne participerait pas au festival.
Les signataires de la lettre, notamment Adam McKay, Fernando Meirelles et Mike Leigh, ainsi que les Françaises Blanche Gardin et Adèle Haenel, ont exprimé leur consternation face à l'implication de la Berlinale dans le silence autour des crimes de guerre présumés commis par Israël. Ils réclament une prise de position claire contre ces actes inhumains.
La polémique prend également une dimension historique, l'Allemagne étant souvent perçue comme l'un des principaux soutiens d'Israël, notamment à cause de son passé lié à la Shoah. Cette situation suscite d'intenses débats quant à la responsabilité sociétale des festivals de cinéma.
Malgré cela, la direction de la Berlinale reste silencieuse sur ces accusations. Tricia Tuttle, la directrice du festival, a tenté de tempérer les tensions en rappelant que les artistes ne sont pas obligés de s'exprimer sur chaque sujet politique, à moins qu'ils ne le souhaitent.
Le conflit israélo-palestinien continue d'impacter la Berlinale, avec des témoignages poignants de cinéastes qui n'hésitent pas à dénoncer publiquement la violence à Gaza. Lors de l'édition précédente, Ben Russell, un réalisateur américain, avait porté un keffieh, symbole de solidarité, et avait incendié les débats en qualifiant la situation de "génocide". De telles déclarations montrent à quel point le cinéma peut être un espace de contestation et d'expression des injustices.
Le dynamique landscape de la Berlinale, souvent vu comme un refuge progressiste, est indissociable des luttes pour la justice sociale. Si aucune démonstration massive n'a été observée durant l'événement, la question demeure : peut-on réellement dissocier l'art de la politique ? Ce débat, loin d'être clos, continue de susciter des réactions diverses au sein de l'industrie.
Avec AFP







