Alors que le Gabon fait face à une montée des contestations, le gouvernement a décidé de suspendre immédiatement les réseaux sociaux. Cette décision, annoncée le 17 février par Jean-Claude Mendome, porte-parole de la Haute Autorité de la Communication (HAC), vise à prévenir « des conflits sociaux, la déstabilisation des institutions et une menace pour l’unité nationale ». La suspension concerne des plateformes non spécifiées mais sur lesquelles circulent des contenus jugés inappropriés.
La HAC a mis en lumière la diffusion accrue de contenus « diffamatoires, haineux et injurieux », qui portent atteinte à la dignité humaine et à la cohésion sociale. « Nous observons une recrudescence des fausses informations et du cyberharcèlement », a-t-elle souligné dans son communiqué. Elle regrette également l'absence d'une réelle volonté de modération de la part des opérateurs des réseaux sociaux.
Une crise économique profonde
Brice Oligui Nguema, président du Gabon, a été élus avec 94,85 % des voix en avril 2025, après un coup d’État en août 2023 qui avait destitué Ali Bongo. Cependant, il doit faire face à des pressions croissantes, notamment en raison d'une grève des enseignants qui dure depuis un mois dans certaines régions. Malgré la richesse en ressources naturelles du pays, comme le pétrole et le manganèse, le Gabon est plongé dans une grave crise économique. Le taux de chômage des jeunes atteint 37 % selon la Banque mondiale, et la situation sociale est marquée par des pénuries d'eau et d'électricité.
En décembre, Fitch a dégradé la note du Gabon à « CCC- », prévenant que la dette publique pourrait atteindre 80,4 % du PIB en 2025 et 87 % d'ici 2027. Les tensions croissantes et l'instabilité économique poussent le gouvernement à adopter des mesures comme la suspension des réseaux sociaux pour maintenir l'ordre public.







