La crue de la Boutonne : une habitude pour les Angériens
À Saint-Jean-d'Angély, le niveau de la Boutonne a récemment franchi la barre des 10,60 mètres. Plusieurs caves de la ville sont actuellement sous les eaux, et trois citoyens âgés ont été évacués. Les habitants, dont beaucoup se souviennent de la crue historique de 1982 qui avait atteint 11,19 mètres, font preuve d'un calme relatif face à cette nouvelle inondation.
Monique Olry, résidente du faubourg Taillebourg, un secteur connu pour ses problèmes d'inondation, illustre cette tranquillité. Sa cave est pleine d'eau, mais elle reste sereine : "Ça baisse un peu, puis ça remonte… On s'adapte. Il n'y a plus rien au garage, plus rien dans la cave. En 1982, c'était beaucoup plus grave. On avait 70 centimètres dans la maison. À l'époque, on a dû partir en bateau pour rejoindre la maison de mes parents, en centre-ville. Si on a déjà survécu à ça, on ne s'inquiète plus vraiment...".
La mémoire collective des crues constitue un atout précieux pour la communauté. Les anciens se remémorent des histoires d’entraide, comme celle de Marylène Jauneau, adjointe au maire en charge de la sécurité, qui a connu les épreuves de 1982. "À l'époque, le faubourg Taillebourg était totalement inondé. Les gens se déplaçaient en barque. Chacun faisait de son mieux pour aider les autres, c'était une véritable solidarité !" affirme-t-elle, avec un air nostalgique.
Malgré cette fierté de la communauté, les autorités demeurent vigilantes. La mairie a pris la décision d'évacuer trois personnes âgées, assurant leur sécurité dans des proches. L'eau continuera probablement à monter dans les prochains jours, mais les Angériens, forts de leur expérience, s'y préparent sereinement. "Ma maison, je l'aime, et je resterai ici tant que je le peux," confie Monique Olry. La solidarité et l'entraide entre voisins sont plus que jamais essentielles dans face à cette situation.
La Charente-Maritime, comme le souligne France Bleu, est sous vigilance rouge en raison des risques de crue. Cependant, pour beaucoup ici, ces épreuves ne sont plus qu'un rappel de leur résilience passée.







