Le 17 février, le Gabon a annoncé la suspension immédiate de l'accès aux réseaux sociaux, une décision devenue effective le lendemain. Les plateformes populaires telles que Facebook et TikTok sont désormais inaccessibles pour les Gabonais.
Markant cette mesure, Jean Claude Mendome, porte-parole de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a déclaré lors d'une intervention sur Gabon 1ère que la suspension « jusqu'à nouvel ordre » visait à prévenir « des contenus susceptibles d’engendrer des conflits sociaux ». Ce geste, qualifié de mesures préventives par les autorités, a suscité un vif débat dans le pays.
La HAC justifie sa décision par la volonté de préserver l'ordre public, évoquant également la propagation de « fausses informations » comme un risque majeur. En effet, le climat politique est tendu, avec une augmentation des manifestations et des grèves dans divers secteurs, dont l'éducation, mentionne le journal Le360. Des enseignants réclament la fin d'un gel de leurs plans de carrière qui dure depuis plus de dix ans.
Une absence de justification claire
Certains experts, comme l'analyste politique Alioune Ndiaye, soulignent que l'absence d'événements spécifiques pour justifier cette coupure crée une atmosphère de méfiance. « Cette mesure montre un recours excessif à la répression en période de tensions, ce qui peut aggraver la situation plutôt que de l'apaiser », affirme-t-il.
Les réactions de l’opposition n’ont pas tardé. Le Front Démocratique Social (FDS) dénonce ce qu’il considère comme une restriction injustifiée des communications numériques. Le climat de contestation a été exacerbé par des arrestations de figures syndicaux, comme Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, qui ont été incarcérés précédemment, rappelant à la population les tensions croissantes entre le gouvernement et les syndicats.
Brice Oligui Nguema, actuel président après un coup d'État en 2025, avait promis un renouveau au Gabon. Pourtant, l’échec à résoudre les crises économiques, avec un chômage des jeunes atteignant 37 % selon la Banque mondiale, soulève des questions sur sa capacité à tenir ses promesses. En effet, malgré les ressources naturelles abondantes, le pays fait face à des problèmes de gestion et des défaillances infrastructurelles, entraînant des coupures d'eau et d'électricité fréquentes.
En conclusion, la suspension des réseaux sociaux au Gabon reflète une lutte de pouvoir dans un contexte de mécontentement social croissant et d'un gouvernement encore fragilisé par les récents bouleversements. Les conséquences de cette décision resteront à surveiller de près dans les semaines à venir.







