Des images poignantes d'exécutions de résistants grecs par des soldats allemands en mai 1944 ont récemment émergé sur le marché en ligne, déclenchant une profonde émotion dans toute la Grèce et incitant l'arrêt de leur vente par les autorités.
Les clichés, pris le 1er mai 1944 à Kaisariani, près d'Athènes, montrent des hommes, en rang, avançant vers leur destin tragique, le regard fier. "Ces photographies m'ont marqué. Bien que le massacre des 200 résistants soit un événement connu, aucune preuve visuelle n'existait auparavant", témoigne Polymeris Voglis, historien et professeur, soulignant l'importance historique de cette découverte.
La vente, orchestrée par Tim de Craen, un collectionneur belge, a attiré l'attention de nombreux médias. Face à l’indignation publique, les objets ont été retirés du site eBay, alors que certaines enchères avaient déjà dépassé 2 000 dollars. "Je comprends la sensibilité de ces images historiques", a-t-il déclaré au journal I Khatimerini.
Une exécution emblématique
La tragédie de Kaisariani a été provoquée par une attaque de l'ELAS contre un convoi allemand, entraînant des représailles brutales. Comme l'explique Spyridon Tsoutsoumpis, expert à l'Université de Manchester, cette exécution de masse reste gravée dans la mémoire collective grecque, étant commémorée dans des chansons, poèmes et œuvres cinématographiques.
Les photographies, selon Voglis, transcendent le récit historique : "Elles confirment que, même face à la mort, les résistants ont conservé leur dignité et leur bravoure". Le Parti communiste de Grèce s'attelle à identifier les protagonistes de ces images, deux d'entre eux ayant déjà été nommés.
Qui a pris ces images ?
Le ministère grec de la Culture a identifié les auteurs probables de ces clichés comme étant des membres de l'unité de propagande nazie. Selon Guillaume Pollack, spécialiste à l'Université Paris-1, ces photos illustrent le "point de vue du bourreau", posant la question éthique sur la manière dont de tels témoignages doivent être interprétés.
Le cas français
En parallèle, en France, des images similaires existent, documentant des exécutions durant la Seconde Guerre mondiale, comme celle d'Émile Masson à Amiens. Ces découvertes soulignent la nécessité de préserver ces mémoires douloureuses.
Des découvertes à venir ?
Spyridon Tsoutsoumpis avancé que ces images, circulant parmi les anciens combattants, pourraient bien être davantage d'archives inestimables à découvrir. "Il y a tant de choses cachées dans les greniers", suggère-t-il.
Le gouvernement grec, conscient de la valeur de ces photographies, a d'ores et déjà entrepris des démarches pour les acquérir. Pavlos Marinakis, porte-parole du gouvernement, a déclaré que ces documents représentent un patrimoine culturel et historique essentiel.
En sauvegardant ces souvenirs, nous rendons hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie face à l'oppression, prouvant que chaque visage retrouvé est une victoire contre l'oubli.







