Avocat au barreau d'Albi, Philippe Pressecq a connu une carrière marquante, ayant défendu la cousine de Delphine Jubillar dans une affaire très médiatisée. Mais avant d’atteindre ce sommet, il a dû surmonter un bégaiement qui a obscurci sa jeunesse. Dans une interview accordée à Faustine Bollaert, il raconte son cheminement pour vaincre ce handicap.
"J'étais une personne qui manquait cruellement de confiance", souligne Philippe en évoquant ses années d’école. Incapable de prendre la parole en public ou même d’interagir avec ses enseignants, son bégaiement sévère l’a suivi durant son enfance. "Je me souviens de ce moment où je ne pouvais pas me lever en classe pour parler à un professeur", confie-t-il. Bien que souvent d'origine neurologique, le bégaiement peut aussi résulter d'un traumatisme. Pour Philippe, une opération des amygdales a marqué le début de ses difficultés : "Je me revois dans cette salle d'opération, entouré de médecins en vert, la peur au ventre... une expérience traumatisante qui a laissé une empreinte."
Aujourd'hui, Philippe a réussi à surmonter son bégaiement, mais il se souvient des défis qu'il a dû affronter. "C'était comme une sensation d'étouffement. C’était une lutte pour respirer, une impression de suffocation", décrit-il. En quête d'astuces pour masquer son discours, il a fait une découverte surprenante : lorsqu'il jouait des rôles, il pouvait parler sans hésitation. "C'était un cheminement étonnant. Je m’inventais une vie, une identité plus facile à revendiquer, et là, je ne bégayais pas."
En pratiquant l'auto-stop, il s'est mis à incarner divers personnages, forgeant des récits fictifs. "Quand je montais dans une voiture, je parlais de quelqu'un d'autre, d'une réalité qui n'était pas la mienne. C'était libérateur", se rappelle-t-il, comme rapporté par RTL. Le passage par l'service militaire lui a également permis de porter un uniforme, un nouveau costume qui a effacé ses hésitations : "Sous l'uniforme, je ne bégayais pas non plus."
"On reste bègue toute sa vie, même si on ne bégaye plus."
Philippe Pressecq, ancien bègue
Lorsque Philippe endosse la robe d’avocat, il transcende définitivement son bégaiement. Son métier, il l’affirme, l’a vraiment propulsé des rangs des personnes "qui parlent normalement". Son parcours, proche du miracle, offre de l'espoir à tous ceux qui luttent chaque jour avec leurs différences. Aujourd'hui doté d'une élocution fluide, Philippe n'oublie pas les luttes de son enfance. "Je suis heureux d’avoir laissé ce bégaiement derrière moi. Mais c'est une partie de moi, et en vérité, on reste bègue toute sa vie, même si on ne bégaye plus."







