En retardataire sur le plan des sondages et sous la pression de la Cour suprême, Donald Trump s'apprête à contrer les critiques lors de son discours sur l'état de l'Union, prévu ce mardi soir au Capitole. À l'aube de élections législatives cruciales, le président américain doit convaincre ses concitoyens de la pertinence de ses politiques.
Âgé de 79 ans, Trump a été habitué à agir sans entrave durant son mandat. Cependant, une éventuelle perte du contrôle du Congrès pourrait lourderent diminuer son influence, comme l'indiquent plusieurs analystes politiques. La voix des élus républicains au Sénat et à la Chambre des représentants sera essentielle pour jauger l'état de popularité de ce président, dont l'impopularité est de plus en plus manifeste, selon des études récentes.
À 21h (02h GMT), ce premier discours de son second mandat sera l'occasion pour Trump de vanter ses réalisations, tout en tentant de rassurer les électeurs sur son attachement à la prospérité américaine. Selon un sondage réalisé par YouGov/Marketwatch, près de 47% des répondants estiment que leur pouvoir d'achat a diminué depuis son retour à la Maison Blanche.
La porte-parole de Trump, Karoline Leavitt, a promis que le président mettrait en avant les succès de son administration, tout en affirmant que l'Amérique demeure "forte, prospère et respectée" sur la scène internationale. Toutefois, la récente décision de la Cour suprême, qui a annulé plusieurs taxes douanières imposées aux partenaires commerciaux des États-Unis, complique sa narrative de réussite.
Pour ajouter une dimension plus conviviale à cet événement, le président a invité l'équipe masculine de hockey des États-Unis, médaillée d'or olympique, espérant bénéficier de leur aura. En revanche, les joueuses de l'équipe féminine, également champions, ont choisi de décliner l'invitation, ajoutant une nouvelle couche aux critiques sur la rhétorique souvent perçue comme sexiste de Trump.
Des figures controversées, telles qu'Erika Kirk, veuve de l'influenceur Charlie Kirk, invité par Trump, contrastent avec les choix des parlementaires démocrates qui ont convié des victimes d'abus sexuels liés à Jeffrey Epstein. Le passé de Trump avec Epstein et son manque d'engagement à rendre public des documents sur cette affaire ont déçu certains de ses partisans.
À la suite du discours de Trump, le Parti démocrate a choisi Abigail Spanberger, la nouvelle gouverneure de Virginie, pour la traditionnelle réponse. Les alliés et rivaux des États-Unis guettent des signes sur les intentions de Trump concernant des enjeux internationaux, notamment en Iran, à Cuba et en Ukraine.
Trump, qui a déjà fait preuve d'improvisation dans ses discours, pourrait, encore une fois, délivrer un message sans concession, réaffirmant ses positions sur les droits de douane et la politique d'immigration. Alors que des mesures de répression ont été suspendues à Minneapolis suite à des manifestations, il ne semble pas vouloir réviser sa stratégie anti-immigration, ce qui pourrait le placer en porte-à-faux avec une partie des électeurs.







