Le 26 février dernier, à Genève, des pourparlers de paix cruciaux ont réuni Russes, Ukrainiens et Américains. Les échanges de haut niveau, impliquant le négociateur ukrainien Rustem Oumerov et l’émissaire américain Steve Witkoff, ont abouti à l’annonce d’un prochain round de négociations trilatérales en mars à Abou Dhabi, bien que Moscou n'ait pas encore confirmé sa participation. Selon Alexandre del Valle, chroniqueur, le Kremlin semble déterminé à poursuivre ses ambitions militaires, notamment l'annexion complète du Donbass et la neutralisation de l'Ukraine vis-à-vis de l'OTAN.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a affirmé que la Russie n'accorderait aucune échéance pour la fin du conflit, laissant entrevoir une utilisation prolongée du temps comme une arme politique. Pendant ce temps, Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à rencontrer Vladimir Poutine pour instaurer la paix, tout en posant des conditions inacceptables pour Moscou, comme l’abandon des villes clés du Donbass, essentielle à la sécurité ukrainienne.
Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, l'Ukraine tente de tourner les négociations en faveur de son image aux yeux des États-Unis, espérant que Donald Trump favorise un règlement rapide avant les élections de mi-mandat. Cependant, Poutine semble compter sur la capacité limitée de Washington à influencer Kiev, estimant que les Européens, dont le financement de l'aide à l'Ukraine est devenu crucial, se retrouvent pris au piège d'une cobelligérance.
La ligne rouge ukrainienne et la fenêtre américaine
Radoslaw Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, a souligné que l’issue de cette guerre déterminerait si l’Europe ou la Russie deviendrait un acteur majeur dans le nouvel ordre mondial. Si l'Ukraine est forcée de céder face aux armées russes, l'OTAN et l'UE subiront un revers, excluant ainsi l'Europe des négociations mondiales.
L’issue du conflit déterminera si l’Europe ou la Russie constituera le « troisième pilier » du nouvel ordre mondial.
Selon des analyses économiques, les besoins financiers de l'Ukraine pour sa reconstruction pourraient atteindre jusqu'à 800 milliards de dollars sur la prochaine décennie, une somme qui sera en grande partie fournie par les États-Unis.
Vers un nouveau rideau de fer ?
Les élites européennes, conscientes que la Russie restera un adversaire, envisagent la mise en place d'un nouveau rideau de fer, délimitant une zone de conflit potentielle allant du Donbass à la Baltique. Ce nouveau clivage géopolitique augure d'une Europe isolée et affaiblie, incapable d'affirmer son autonomie face à des enjeux mondiaux.
Un accord sur l’Ukraine ne pourra être viable qu'au prix d'une réorganisation complète de l'architecture de sécurité en Europe.
Dans ce cadre tendu, l'Ukraine ambitionne de maintenir une armée conséquente et d'obtenir des garanties de sécurité analogues à celles de l'OTAN, un souhait jugé inacceptable par Moscou, more speculation on the outcome of peace negotiations is likely to drive the situation into a stalemate.
À l'issue de ces renégociations, une pression accrue pourrait être exercée sur l'Europe pour qu'elle renforce ses capacités militaires, tout en restant dépendante de l'industrie américaine. L'avenir de la sécurité en Europe pourrait ainsi se dessiner au travers de la lutte d'influence entre les États-Unis et la Russie, laissant l’Europe dans une position délicate.







