Le Koweït face à une tempête: l'impact de la guerre au Moyen-Orient
Explosions et fumées s'élèvent, des fonctionnaires sont renvoyés chez eux et les prières de Ramadan sont restreintes : le Koweït, petit pays du Golfe, subit l'agitation d'un conflit qui le dépasse, une situation inédite depuis des décennies.
La présence militaire américaine, omniprésente, en fait une cible. En représailles à l'opération israélo-américaine, les frappes iraniennes ont désormais touché ce territoire, affectant la sérénité qui y régnait.
Ce lundi, des colonnes de fumée se sont déjà élevées au-dessus d'une centrale électrique située dans le nord, et des témoins rapportent des explosions près de l'ambassade américaine, révélant ainsi une réalité troublante.
Au cœur de la capitale, des sirènes retentissent, brisant le silence d'une population qui se sent de plus en plus stressée. Khaled Walid, employé dans la logistique, évoque un retour en arrière, rappelant les souvenirs ancrés de l'invasion irakienne de 1990. "Il faut désormais suivre les nouvelles en continu", confie-t-il.
Avec une population d'environ cinq millions d'habitants, dont beaucoup d'étrangers, le Koweït n'avait pas été confronté à des incidents de cette nature depuis l'irruption du conflit irakien. Cette époque reste gravée dans la mémoire collective, marquée par le pillage et la destruction des infrastructures essentielles.
Depuis l'éclatement des tensions, les frappes iraniennes ont causé un mort et plus de 50 blessés. Téhéran a annoncé avoir ciblé la base militaire d'Ali Al-Salem, tandis que le gouvernement koweïtien rapporte avoir intercepté plusieurs drones.
Un incident marquant a été la destruction accidentelle de trois avions de chasse par des défenses aériennes koweïtiennes, bien que les membres d'équipage aient pu s'éjecter en toute sécurité.
Alors que l'ambassade américaine n'a pas confirmé une attaque directe, elle évoque une "menace persistante" et a confiné son personnel, devant faire face à des risques croissants de tirs de missiles.
Le gouvernement a également pris des mesures radicales, incitant nombreux de ses fonctionnaires à rester chez eux. Seule une fraction de 30% est appelée à poursuivre son activité au bureau. Les prières quotidiennes sont désormais limitées à la dernière prière du jour dans les mosquées.
Face à l'incertitude, de nombreux Koweïtiens songent à quitter le pays. Une agence de voyages a même rapporté une augmentation des demandes de visas de transit vers l'Arabie Saoudite, notamment pour permettre à des Jordaniens et des Égyptiens de passer la frontière.
En raison des circonstances actuelles, beaucoup cherchent des alternatives pour se rendre à la "Omra", un pèlerinage à La Mecque.
Le Koweït, considéré comme une enclave de paix parmi les tumultes du Moyen-Orient, est désormais confronté à une série de défis. Dana Abbas, une ingénieure locale, exprime ses craintes d'une confrontation militaire généralisée et révèle avoir pris des dispositions pour faire des provisions essentielles.
"De nombreuses familles sont inquiets", affirme-t-elle, partageant le sentiment d’incertitude qui règne. Dans la région, le bilan s'alourdit : six personnes de nationalités étrangères ont trouvé la mort depuis le début des hostilités, dont des victimes au Koweït, aux Émirats, à Bahreïn, et un pétrolier attaqué au large d'Oman.







