Désigné dimanche dernier pour succéder à son père, le défunt Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes, Mojtaba Khamenei incarne une figure centrale et influente de la République islamique d'Iran. À 56 ans, ce religieux a longtemps été pressenti pour ce rôle, bien que des annonces antérieures avaient démenti cette possibilité, créant un climat d'incertitude dans le pays.
Un profil discret
Né le 8 septembre 1969 à Machhad, Mojtaba est l’un des six enfants d’Ali Khamenei. Contrairement à ses frères et sœurs, il a occupé une position publique, ce qui a suscité des spéculations sur son influence dans les coulisses du pouvoir. Sa discrétion permanente a alimenté des rumeurs sur son rôle, avec certains experts le considérant comme un « patron » secret, essentiel dans la prise de décisions au sein du régime iranien.
Relations politiques et militaires
Considéré comme une figure conservatrice, il entretient des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique d'Iran, ayant notamment servi dans une unité combattante durant la guerre Iran-Irak. Ces relations, ainsi que son passé militant, lui confèrent un soutien solide parmi les factions conservatrices du pays.
Le président américain Donald Trump a récemment exprimé son mécontentement quant à cette succession, affirmant qu'il n'accepterait pas que Mojtaba prenne la relève. Selon un rapport du Trésor américain de 2019, il représentait le Guide suprême de manière officielle, bien qu'il n'ait jamais été élu à une fonction gouvernementale. Ali Khamenei aurait délégué certaines de ses responsabilités à Mojtaba, accentuant ainsi les inquiétudes concernant l'influence de ce dernier.
Un destin contesté
Les opposants du régime pointent du doigt l'implication de Mojtaba Khamenei dans la répression du mouvement de contestation post-électoral de 2009, exacerbant les critiques à son égard. Bloomberg a également rapporté que Mojtaba aurait bâti un vaste réseau d'entreprises à l'étranger, ce qui soulève des questions sur ses motivations économiques.
Sur le plan religieux, il a suivi sa formation théologique à Qom, où son statut d'hodjatoleslam est inférieur à celui d'ayatollah, un titre porté par son père et l'illustre fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini.
Enfin, son épouse, Zahra Haddad-Adel, fille d'un ancien président du Parlement, a également été tuée lors des frappes ayant emporté son père et sa mère, rendant la transition encore plus délicate et émotionnellement chargée.
Future incertain
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti que tout successeur d'Ali Khamenei deviendrait une cible à surveiller de près. La nomination de Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême soulève des interrogations sur l'avenir de l'Iran, tant sur la scène intérieure qu'internationale.







