Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a averti que la guerre en cours au Moyen-Orient pourrait plonger le monde dans sa pire crise énergétique depuis des décennies. Actuellement, au moins 40 infrastructures énergétiques sont « gravement ou très gravement endommagées » dans plusieurs pays de la région.
« À ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, un chiffre qui dépasse la somme des pertes des deux grandes crises pétrolières des années 1970 », a précisé Birol lors d'une conférence au National Press Club à Canberra. À cette époque, chaque crise engendrait des pertes d’environ cinq millions de barils par jour, ce qui souligne l’ampleur actuelle de la situation.
En évoquant les conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il a évoqué un « cataclysme » combinant les effets de deux crises pétrolières et l'effondrement du marché du gaz. Birol met en garde : « Aucun pays ne sera à l’abri si ce conflit perdure. Une action concertée à l'échelle mondiale est cruciale. »
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20% de la production mondiale d'hydrocarbures, est actuellement bloqué à cause des agressions israélo-américaines ciblant l'Iran. Sans réouverture imminente, des menaces ont été émises par le président américain, Donald Trump, de « frapper et anéantir » les installations électriques iraniennes.
En réponse, l'Iran a intensifié ses attaques par missile et drones contre des infrastructures énergétiques et des navires allies dans le Golfe, aggravant les tensions. Les États-Unis ont, de leur côté, assoupli temporairement les restrictions sur les ventes de pétrole iranien, mais Téhéran a indiqué qu'il n'avait pas de surplus à exporter.
Alors que la situation évolue, les avertissements de l’AIE soulignent une réalité préoccupante : nulle part dans le monde, les pays ne peuvent ignorer les conséquences d'un conflit qui menace gravement l'approvisionnement énergétique mondial.







