Lors du conseil municipal du jeudi 30 avril, le maire de Périgueux, Michel Cadet, a décidé de mettre un terme au budget participatif, un dispositif en place pour financer les projets des citoyens. Cette mesure, jugée inefficace par le maire, a suscité une vive opposition. "C'est un véritable recul démocratique", a fustigé Rodolphe Delcros, élu socialiste, soulevant des inquiétudes quant à la participation des habitants aux décisions publiques.
Un modèle qui a vécu
Selon Michel Cadet, l'initiative ne bénéficiait qu'à un nombre restreint d'habitants. "On a tous les mêmes besoins, chacun veut un banc, une fontaine, un arbre, mais ça doit être réfléchi d'un point de vue collectif", a-t-il affirmé, soulignant qu'il souhaitait aller vers des actions concrètes. Il a proposé de remplacer le budget participatif par un conseil municipal des jeunes et un autre pour les séniors, tout en sélectionnant des projets plus adaptés aux attentes de la communauté.
« Qui de mieux que les habitants pour choisir et décider ? »
Emeric Lavitola, ancien maire, a réagi en plaidant pour une réforme plutôt qu'une abolition. "Cela a permis aux habitants de choisir et décider de ce qui leur était nécessaire. Qui mieux qu'eux sait ce dont ils ont besoin ?" L’ancien maire a ajouté que même si les élus ont leur rôle à jouer, ces 100 000 euros auraient pu être utilisés pour des projets que les élus n'avaient pas eu le temps d'explorer.
Face à cette décision, les avis sont divisés, et certains experts en démocratie participative interviennent pour rappeler l'importance de l'implication citoyenne dans le processus décisionnel. Une étude récente de la Mairie de Paris a mis en avant l'impact positif des budgets participatifs sur la vie locale, renforçant ainsi l'argument de ceux qui militent pour leur maintien. Dans un contexte où la confiance dans les institutions est souvent remise en question, cette décision pourrait détourner davantage les citoyens de la vie politique locale.







