Ce matin, nous nous interrogeons sur le ton peut-être excessif de la commémoration du vingtième anniversaire du décès d’André Labarrère. La municipalité rappelle la mémoire de cet ancien maire de Pau en renommant les halles de la ville en son honneur. Ces halles, désormais réputées comme les halles André Labarrère, font face à la médiathèque qui porte déjà son nom. En effet, Labarrère a occupé le poste de maire pendant 35 années, un record qui marque l’histoire de Pau, alors que son prédécesseur, Louis Sallenave, n’a gouverné que durant 24 ans. Cet engagement long et soutenu laisse une empreinte considérable sur une ville.
Cependant, peut-on franchement dire que l’héritage de Labarrère est aussi positif qu’il ne paraît au premier abord ? Avec son humour et son franc-parler, il incarnait l’esprit de la ville. Mais il n’est pas pour autant exempt de critiques, particulièrement vers la fin de son parcours, alors que son autoritarisme s'est accentué, notamment au sein de son propre entourage. Comme l’a rapporté Sud Ouest, Labarrère a engagé des projets controversés, comme le festival FIPAU, qui a souvent été critiqué pour ses fondements douteux.
La tendance actuelle semble tendre à transformer Labarrère en figure mythique, semblable à d'autres personnalités comme Jacques Chirac ou François Mitterrand. Son successeur, Jérôme Marbot, trop jeune pour avoir vécu cette époque, ne connaît de lui que le récit qu’en font ceux qui l’ont côtoyé. Ce qu’il reste, c’est une vision embellie, remplie de mythes et d’histoires embellies.
Alors, quelle est la bonne mesure entre légendes et réalité lorsque l'on évoque le parcours d’un homme aussi complexe ? À l’aube de cette commémoration, il est légitime de se poser cette question, et de réfléchir à la manière dont nous façonnons notre mémoire collective.







