Accusé de racisme et de paternalisme après la sortie de sa bande dessinée Picardie Splendor, François Ruffin a reconnu que certaines images pouvaient choquer. Toutefois, le candidat aux présidentielles rejette fermement ces critiques.
La publication de Picardie Splendor le 7 mai a suscité une vive controverse autour de l'élu. Dans une interview accordée le 18 mai à Libération, Ruffin a admis que certaines illustrations avaient le potentiel de blesser, mais a insisté sur le fait qu'il ne se reconnaissait pas dans les scènes controversées. « J’entends que ces images peuvent blesser », a-t-il déclaré, tout en ajoutant : « Ça n’est pas moi, jamais je ne me comporte comme ça. »
Parmi les passes d'armes des réseaux sociaux, la scène incriminée montre un épisode dans un train où un passager d'origine maghrébine défend une femme noire face à des contrôleurs jugés brutaux. François Ruffin intervient pour atténuer la situation, mais son attitude est décrite comme dominant dans l'ultime illustration, ce qui a provoqué des accusations de stéréotypes racistes.
Une « œuvre d’humanité »
Les retours sur réseaux sociaux ont été immédiats, plusieurs utilisateurs dénonçant « un condensé de clichés racistes ». La députée LFI Nadège Abomangoli a critiqué ouvertement la représentation en question, tandis que Danielle Simonnet, députée écologiste, a accusé Ruffin de méconnaître le racisme systémique.
« Mon antiracisme est un peu estampillé années 1990 »
Dans des mots forts, Aly Diouara, le nouvel édile de LFI, a qualifié Ruffin de « raciste décomplexé », arguant qu'il transformait des femmes en figurantes de son récit paternaliste. Il a même suggéré un parallèle en traitant son œuvre de « Fakir bien facho ».
Face aux critiques, Ruffin a défendu son travail comme « une œuvre d’humanité », tout en reconnaissant une mauvaise interprétation de la scène litigieuse. « Mon antiracisme est un peu estampillé années 1990... », a-t-il ajouté, avant de souligner l'intention de son ouvrage : aborder les fractures sociales de la France. Il a aussi noté que « parmi les fractures à résorber, il y a la précarité, l’angoisse de l’avenir et, bien sûr, le racisme ».
Ruffin, tout en restant déterminé à engager un dialogue autour de ces thématiques, a affirmé : « Est-ce que ça fait de moi un raciste ? Non ».







