Avec des retards fréquents, un matériel vieillissant et une colère palpable, les usagers de la ligne Intercités reliant Clermont-Ferrand à Paris sont en émoi. La venue du ministre des Transports, Philippe Tabarot, prévue pour le 22 mai, exacerbe les tensions à Clermont-Ferrand.
Les voyageurs s'impatientent face à une situation devenue invivable. Le 10 mai, certains ont subi jusqu'à huit heures de retard, coincés dans des voitures surchauffées sans aide. « Je vais à Clermont-Ferrand, pas au Kosovo », lança une personnalité clermontoise après cette mésaventure dans un train vétuste.
Les conditions de voyage continuent de poser problème, avec des témoignages alarmants : climatisation hors service, absence d'eau et voyageurs se sentant « pris en otage » ont inondé les réseaux sociaux, accentuant l'angoisse entourant cette ligne devenue un symbole du déclin ferroviaire du Massif central.
Le mardi 12 mai, des incidents supplémentaires ont exacerbé le mécontentement : des retards dus à un TER ayant percuté un sanglier, et l'absence de services de base, comme le wifi, accentuent la colère des usagers qui qualifient cette ligne d'« à bout de souffle ».
Des rames avec déjà trois ans de retard
Dans ce contexte critique, Stéphanie Picard, représentante des usagers, alerte sur le risque d’un abandon progressif de cette ligne en l'absence d'investissements significatifs. Elle redoute une mise à l'écart des décisions cruciales jusqu'après l'élection présidentielle de 2027, alors que l'État semble se concentrer sur la future LGV Toulouse-Bordeaux. Malgré tout, elle nourrit l'espoir de voir arriver les nouvelles rames Oxygène, bien que leur mise en service soit déjà reportée à 2027.
Pour de nombreux usagers, ces nouvelles rames représentent une occasion unique de revitaliser un axe essentiel, alors que les voitures Corail, âgées de plus d’un demi-siècle, continuent d'assurer le service. Les inquiétudes ne se limitent pas à la seule ligne Paris-Clermont ; des mobilisations sont prévues le 30 mai à Clermont-Ferrand, appelées par plusieurs collectifs du Massif central, dénonçant l'abandon des lignes rurales.
Delphine Cabelguenne résume cette colère : « Le Massif central a le sentiment d’être laissé pour compte. » Pendant ce temps, le gouvernement semble privilégier d'autres régions. Le Premier ministre a récemment qualifié de « irréversible » le projet de LGV Toulouse-Paris, évalué à 14 milliards d’euros, une annonce �perçue par les usagers auvergnats comme un nouveau déclassement.
Avec Limoges, Clermont-Ferrand demeure l'une des rares grandes villes françaises non connectées à Paris en moins de trois heures. Cette situation a suscité des réactions, notamment de Florent Menegaux, PDG de Michelin, qui a déclaré : « Pour rivaliser avec les grandes métropoles, nous avons besoin de connexions rapides. J’espère que nous avons touché le fond et que la situation s'améliorera. »







