Sébastien Lecornu a exposé, le 18 mai, sa vision d'une réforme essentielle au Sénat, visant à élargir le corps électoral en Nouvelle-Calédonie avant les élections provinciales du 28 juin. Dans un contexte de tensions persistantes, le ministre préfère agir plutôt que de rester dans un statu quo susceptible d'engendrer de nouvelles violences dans un archipel marqué par des émeutes meurtrières il y a deux ans, qui avaient causé quatorze morts et engendré des dommages allant jusqu'à deux milliards d'euros.
La réforme, portée par le sénateur Georges Naturel, cherche à élargir le corps électoral à plus de 10 500 natifs, ainsi qu'à leurs conjoints, un sujet qui suscite des débats passionnés. Lecornu a déclaré que "le statu quo ne peut être une base solide pour l'avenir" et a appelé à un compromis pour trouver un équilibre politique capable de rassembler les indépendantistes kanaks et les non-indépendantistes. En effet, 17% des Calédoniens sont exclus actuellement du scrutin en raison d'un système gelé qui remonte à 1998, a-t-il souligné.
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a également fait écho à cette nécessité de réformer en arguant qu'il est impératif de reconnaître les droits des Calédoniens nés sur place. "Ces femmes et hommes y ont grandi, travaillé, et sont exclus d'un scrutin qui les concerne," a-t-elle expliqué devant le Sénat.
Cependant, l’opinion des élus se divise sur l'éventualité d'inclure les conjoints au corps électoral. Des parlementaires, dont des socialistes et du Rassemblement national, s'inquiètent de la constitutionnalité d'une telle ouverture, mettant en péril l'efficacité du texte proposé.
Les débuts des discussions sur cette réforme vont marquer un tournant crucial, surtout dans un contexte électoral qui pourrait impacter la campagne nationale. Lecornu a mis en garde : "Rien ne serait pire que de laisser ce dossier dévier de son cours normal dans un contexte aussi électoral. Il est vital de debuter les discussions dès juillet et de finaliser avant la fin de l’année." Ces consultations sont perçues comme une étape décisive vers un avenir apaisé en Nouvelle-Calédonie, en espérant que cela ouvrira la voie à des négociations profondes et durables.







