Invités par la Cimade pour la présentation de son dernier rapport, les députés Marc Pena (PS) et Hendrik Davi (L’Après) ont récemment visité le centre de rétention administrative (CRA) situé sur le boulevard des Peintures, dans le 14e arrondissement. Leur expérience a été marquée par des auditions judiciaires qu'ils ont qualifiées de « lunaires ».
« C’est lunaire ! » a réagi Marc Pena après avoir assisté à une audience de la cour d’appel d’Aix-en-Provence en visioconférence, dans une salle exiguë du CRA. Ce député d'Aix s’est questionné sur la légitimité de ces procédures en déclarant : « Si vous rendez la justice comme ça, qu’en est-il de l’État de droit ? »
Dans cet espace restreint, aménagé dans un conteneur, les détenus étrangers voient leurs demandes de mise en liberté examinées via des écrans, dans des conditions qui brouillent la communication. « Vous pouvez répéter ? », « Je dois vous demander de bien articuler », lance le juge, tandis que le dialogue devient presque inaudible à cause du bruit ambiant.
Cette visite a mis en lumière des préoccupations croissantes concernant le traitement des étrangers en situation irrégulière, en particulier dans le cadre de l’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), qui concerne 60 % des personnes détenues ici. De nombreux experts, comme le professeur de droit public à l'Université d'Aix-Marseille, Jérôme Lemaire, appellent à une réforme urgente de ces systèmes. Selon lui, « la détention administrative ne devrait jamais se faire aux dépens des droits fondamentaux des individus ».
Les députés ont précisé qu'ils continueraient à faire pression pour une amélioration des conditions de détention et un respect scrupuleux des droits des détenus. Un rapport substantiel sur cette question sera soumis au Parlement dans les semaines à venir, soulevant l'espoir d'un changement nécessaire et long attendu.







