A la cour d'appel de Paris, Marine Le Pen se prépare à défendre son avenir politique alors qu'elle fait face à des accusations de détournement de fonds dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National (RN). Ce procès, qui se déroule sur plusieurs jours, pourrait influencer sa capacité à se présenter aux élections présidentielles de 2027.
Dans une ambiance tendue, Le Pen feuillette ses notes avant d'être convoquée à la barre. Lors de son interrogatoire, elle insiste sur le fait que ni elle ni son parti n'avaient conscience d'avoir commis des infractions lors de l'embauche d'assistants entre 2004 et 2014. Elle affirme : « Nous avons toujours agi de bonne foi et n'avons jamais reçu d'alerte du Parlement européen sur la légalité de nos contrats ».
Elle évoque ensuite un manque d'information de la part des institutions européennes, soutenant que le Parlement n'a jamais signalé d'irrégularités dans la gestion des assistants mutualisés. Cependant, les juges présidentiels sont sceptiques face à sa défense, notamment en raison d'un courriel provenant d'anciens membres du parti qui évoque des emplois fictifs.
Le ton monte lorsque la présidente Michèle Agi interroge Le Pen sur le cas du député Julien Odoul, déjà assistant d'une eurodéputée tout en étant conseiller à son cabinet. « Je n'étais pas au courant des détails de son emploi », se défend-elle, minimisant les accusations qui pèsent sur son équipe.
Au fur et à mesure des interrogations, l'idée d'un 'système' de détournement de fonds semble se renforcer. Des observateurs, comme le politologue Jean-François Bayart, soulignent que ces affaires ternissent la réputation du parti et soulèvent des questions sur sa gouvernance interne. « Le discrédit ne touche pas seulement Marine Le Pen, mais remet en cause la légitimité du RN lui-même », affirme-t-il.
Malgré tout, Marine Le Pen demeure confiante, avançant l'idée que la cour éclaircira les zones d'ombre. « J'espère que la justice reconnaîtra notre bonne foi », ajoute-t-elle, témoignant de son optimisme et de sa détermination à redresser sa situation judiciaire avant la campagne présidentielle.
Alors que cette affaire continue de susciter l'attention des médias et du public, certains experts soulignent qu'elle pourrait avoir des répercussions majeures non seulement pour Le Pen, mais également pour l'image du populisme en France et en Europe.







