La bataille pour l'influence en Arctique s'intensifie, touchant non seulement le Groenland mais aussi le Svalbard, un archipel norvégien où la Norvège renforce son contrôle. Ce changement de dynamique, rapporté par le *New York Times*, remet en question des années de coopération régionale.
À l'extrême nord, proche du pôle, le Svalbard est plus qu'un simple territoire : il est un symbole géopolitique. Régulé par un traité datant de la Première Guerre mondiale, l’archipel permet à quiconque de s'y établir sans visa. Pendant des décennies, des scientifiques de pointe y ont collaboré à la station de recherche de Ny-Alesund, favorisant échanges et expériences internationales.
Une conjoncture belliqueuse
Désormais, la Norvège resserre les règles, annulant le droit de vote des résidents étrangers et interdisant la vente de terres aux non-norvégiens. Dans ce contexte, des habitants comme Nathapol et Nattanagorn Nanthawisit, deux frères thaïlandais ayant grandi sur l'archipel, s'inquiètent de leur avenir dans un territoire de plus en plus fermé.
Ce durcissement des politiques norvégiennes se produit en réaction à un climat international de tensions croissantes, exacerbées par le réchauffement climatique et la quête de ressources. "La Norvège se doit de protéger son morceau d'Arctique contre de potentielles menaces", déclare Eivind Vad Petersson, haut responsable des affaires étrangères norvégiennes.
Cette politique suscite des inquiétudes chez les chercheurs et les travailleurs étrangers, tandis que des voix s'élèvent contre cette dérive vers un contrôle plus strict. La Norvège se voit contrainte de justifier ses actions aux alliés de l'OTAN et de l'UE, qui considèrent le statut de l'archipel comme limité par le traité.
Les ressources convoitées
Au-delà de ses symboles, le Svalbard est un point stratégique pour l'accès aux ressources : les fonds marins regorgent de métaux rares cruciaux pour la technologie moderne. En janvier 2024, le gouvernement norvégien a annoncé son intention de commencer des prospections en mer, une décision qui a suscité un tollé tant au niveau national qu'international.
Des pays comme la Russie ont vivement dénoncé ces initiatives, réaffirmant leurs droits historiques. Selon des experts, la rivalité pour les ressources naturelles pourrait mener à un conflit accru dans cette région fragile.

Alors que la compétition s'intensifie, le gouvernement norvégien s'accroche à sa souveraineté, tout en reconnaissant la nécessité d'agir avec prudence.
Pour les habitants du Svalbard et les chercheurs internationaux, l'avenir semble incertain. "Nous nous sentons norvégiens", déclarent les frères Nanthawisit, mais pour combien de temps encore dans un monde en mutation rapide ?








