Porte-parole de l'association "Le Choix - Citoyens pour une mort Choisie", le Dr Denis Labayle exprime son indignation face à la récente position du Sénat concernant l'aide à mourir, dénonçant une "attitude antidémocratique" après que le texte législatif ait été réduit à néant.
À partir d'aujourd'hui, le Sénat examine un projet de loi crucial sur la fin de vie. Ce texte, déjà controversé, a été privé de ses dispositions essentielles, notamment sur l'aide à mourir. Après des années de promesses, le blocage législatif perdure, soulevant des questions sur la volonté réelle des autorités politiques. Pour en débattre, "La Matinale" a invité le Dr Labayle.
Ce texte est un extrait de l'interview complète disponible dans la vidéo.
Jean-Baptiste Marteau : En tant que président d'honneur de l'association "Le Choix - Citoyens pour une mort Choisie" et auteur de Le médecin, la liberté et la mort : Pour le droit de choisir sa fin de vie, pouvez-vous nous rappeler les faits?
Alix Bouilhaguet : Le Sénat a totalement détricoté le texte de l'Assemblée nationale sur l'aide à mourir, en supprimant toutes les propositions significatives. Ce texte visait à établir un droit à mourir pour les adultes atteints de maladies incurables. Cette législation, largement soutenue par les députés et l’opinion publique, aurait permis un accès égal à l'aide à mourir, remettant en cause les inégalités actuelles.
Jean-Baptiste Marteau : Les sénateurs ont-ils vraiment abrogé les éléments clés du texte?
Denis Labayle : C'est même pire. C'est une suppression totale. En effet, nous avons connu un processus législatif chaotique où chaque étape a réduit les avancées précédentes, jusqu’à effacer toute substance du texte. Cela témoigne d’une déconnexion entre les élus et les attentes des citoyens, comme l’a souligné la convention citoyenne où 75 % des participants prônaient le droit à une aide active à mourir.
Par ailleurs, le Dr Labayle met en avant l'influence des lobbys, notamment religieux, qui semblent dictent le cadre des débats sur un sujet aussi sensible. Il constate que cette opposition se renforce et que semble persister une volonté de restreindre le droit à mourir, ignorant les voix qui s'élèvent en faveur d'un changement.
Alix Bouilhaguet : Les représentants religieux, de différentes confessions, s'opposent-ils unanimement à cette législation?
Effectivement, tous semblent s'accorder sur ce point, provoquant une situation quelque peu paradoxale. Le Dr Labayle souligne qu’il devient urgent de recalibrer le débat, afin qu’il se base sur des perspectives humaines et rationnelles.
Jean-Baptiste Marteau : Quelle est alors la solution face aux inquiétudes nées autour de potentiels abus?
Il est essentiel de considérer que les médecins français peuvent aussi bien s'adapter à ces nouvelles pratiques, comme le font déjà leurs homologues au Canada ou en Belgique. Le Dr Labayle argue que la clandestinité actuelle des pratiques demeure bien plus dangereuse que la régularisation d'une aide à mourir, qui serait encadrée par des règles éthiques claires.
Pour une analyse complète, regardez l’entretien intégral.







