Samedi, des manifestations rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes ont eu lieu dans le monde entier, orchestrées par Reza Pahlavi, le fils en exil de l'ancien chah d'Iran. Ces rassemblements visent à demander une transformation profonde du régime à Téhéran.

À Munich, environ 250 000 manifestants ont participé à ce qui est considéré comme “la plus grande mobilisation jamais réalisée en Europe contre la tyrannie iranienne”, comme le rapporte Radio Free Europe. Ce rassemblement s'est inscrit dans une journée d'action mondiale initiée par Pahlavi, qui a été destitué lors de la révolution islamique en 1979.

“Figure emblématique de l'opposition iranienne en exil”, Reza Pahlavi a été chaleureusement accueilli par les manifestants. Sous une pluie battante, il a déclaré avec ferveur : “Aujourd'hui, la victoire est plus proche que jamais”.

Il a également exprimé son souhait de faciliter une transition vers un “avenir démocratique et laïque”, souhaitant se positionner comme “le leader de ce processus”, qui doit se dérouler “de manière démocratique et transparente”.

“Rendre sa grandeur à l’Iran”

Munich n'était qu'un des nombreux lieux de ces manifestations. À Toronto, une mobilisation encore plus importante a eu lieu, selon la police, avec près de 350 000 personnes défilant. Toronto Star a décrit cela comme l'une des plus grandes manifestations jamais observées dans la ville.

Les manifestants ont arboré des drapeaux iraniens d'avant 1979, ainsi que des drapeaux de différentes nationalités, et un avion survolait la foule avec une banderole revendiquant “Rendre sa grandeur à l'Iran”.

Des affiches affichaient des photos de victimes présumées du régime actuel, interpelant clairement l'opinion publique : “Si vous vous souciez des droits humains, parlez de l'Iran”.

Solidarité mondiale pour l'Iran

Des événements similaires ont été organisés à Sydney, Londres, Berlin et Los Angeles, où des intervenants ont souligné que ces mobilisations visaient à protester contre un régime considéré comme illégitime. Selon ABC7, une manifestante à Los Angeles a souligné : “Des foules se rassemblent pour dénoncer un régime qui ne représente pas le peuple iranien.”

Cette mobilisation disproportionnée intervient dans un contexte où les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région, le président Biden ayant récemment annoncé l'envoi d'un deuxième porte-avions au Moyen-Orient. Selon Al-Jazeera, les discussions entre Washington et Téhéran sont devenues de plus en plus complexes, chaque partie ayant des exigences irréconciliables.

Pahlavi a appelé à l'assistance de la communauté internationale pour soutenir le peuple iranien, disant : “Le peuple iranien vous écoute et a confiance en vous. Aidez-le!” Il a critiqué les négociations en cours, les jugeant vouées à l'échec.

Cette situation a été qualifiée de “paradoxe stratégique” par The Hill, où il est affirmé que ni l'Iran ni les États-Unis ne désirent réellement la guerre, mais les tensions s'intensifient en raison de l'incapacité des deux parties à parvenir à un accord.