Dans sa quête constante d’influence, Jeffrey Epstein a ciblé des personnalités politiques de premier plan, incluant Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président de la République. Cette information provient de nouveaux documents judiciaires américains, révélés le 30 janvier, qui mettent en lumière les liens du financier avec l'entourage de l'ex-chef d'État. Bien que l'entourage de Sarkozy insiste sur le fait qu'il n'avait pas de relations personnelles avec Epstein, les échanges sont révélateurs.
Les mails analysés par Franceinfo montrent que l'Américain a tenté de se rapprocher du pouvoir. Notamment, il a sollicité des rencontres avec des conseillers proches de Sarkozy. L'un des courriels, daté du 12 octobre 2010, indique que le médecin Boris Nikolic, ami d'Epstein, avait organisé une rencontre entre Epstein et Consuelo Remmert, conseillère de Sarkozy et demi-sœur de Carla Bruni. Elle mentionne dans son message que "ce fut un plaisir de rencontrer Jeffrey, il est brillant et amusant comme toi".
Des discussions autour du G20 à Paris
D'après les échanges, l'objectif de cette rencontre était centré sur les enjeux économiques, notamment la préparation du G20 à Paris. Nikolic a précisé : "Nous discuterons de la réunion du G20 à Paris l'année prochaine et de certaines réunions du Forum économique mondial". Bien que Consuelo Remmert n'ait pas souhaité commenter ces révélations, son implication dans cette réunion témoigne d’un intérêt commun pour des thématiques cruciales à l'époque.
Les récurrentes sollicitations d'Epstein
Étonnamment, après cette première rencontre, Epstein a multiplié les demandes pour revoir Remmert, cherchant à établir un contact régulier. Avec plusieurs courriels par semaine, il proposait des rencontres autour d’un café ou d’un thé. Remmert, visiblement très prise à l'approche du G20, a souvent décliné ces invitations, indiquant des disponibilités limitées.
Les documents révèlent que Epstein croyait fermement que ses idées pourraient intéresser le président. Il a même demandé à Nikolic de rappeler à Remmert que ses "idées étaient nouvelles et uniques" en lien avec les réformes des marchés financiers. Selon les échanges, les ambitions d'Epstein de s’immiscer dans les projets présidentiels étaient évidentes.
Un réseau d'influence bien établi
Ce ne sont pas seulement des contacts à travers Remmert qui ont permis à Epstein de tenter d'accéder à Sarkozy. Un autre acteur est Ian Osborne, un milliardaire britannique, qui a tenté d'introduire Epstein auprès de Nicolas Princen, conseiller en nouvelles technologies à l'Élysée à cette époque. Selon les échanges, Epstein a répondu positivement à cette proposition de dîner, montrant ainsi son désir de se lier à des figures clés du gouvernement.
Les interactions de Jeffrey Epstein avec des membres de l'entourage de Sarkozy soulèvent des préoccupations quant aux implications d'un réseau d'influence si étendu. Alors que les informations continuent de surgir, l'héritage de ses tentatives reste une problématique délicate, suscitant de nombreuses interrogations dans l'espace public.







