L'aéroport de Toulouse-Blagnac traverse une période tumultueuse, marquée par une chute mondiale du trafic aérien. Depuis la crise du Covid-19, la plateforme toulousaine peine à retrouver son attractivité d'antan : en 2019, près de 9,6 millions de passagers avaient été enregistrés, tandis qu'en 2024, ce chiffre a plafonné à 7,8 millions, soit une baisse alarmante de 19 % par rapport à 2019.
La réduction d'EasyJet et ses conséquences
La fermeture de la base EasyJet en mars 2025, après treize ans d'existence, a eu un impact considérable, réduisant le nombre de destinations de vingt à dix. Selon des estimations, cette décision entraînera une perte de près de 450 000 passagers. Un rapport d'Archery Consulting souligne que les aéroports ciblant principalement une clientèle d'affaires subissent une reprise lente en raison de la généralisation du télétravail, ce qui affecte directement l'aéroport de Toulouse.
La fin de La Navette : un coup dur supplémentaire
La situation pourrait s'aggraver avec l'arrêt anticipé de La Navette Air France d'ici fin mars, remplaçant dix vols quotidiens par un maximum de huit avec Transavia. Cette liaison, autrefois considérée comme la plus fréquentée d'Europe, a représenté un rôle clé dans le trafic de Blagnac, avec 23 % des passagers se rendant à Paris. De plus, Lufthansa a récemment annoncé la suspension de ses vols vers Francfort, aggravant davantage la situation.
Nouveaux chemins pour l'international, mais des pertes inhérentes
Dans un effort désespéré d'attirer de nouveaux passengers, le groupe de BTP Eiffage, nouvel actionnaire, a lancé des lignes internationales. Des vols directs vers Montréal par Air Canada ont rencontré un certain succès. En revanche, Qatar Airways a récemment abandonné sa ligne vers Doha, malgré un bon taux de remplissage de 75 à 80 %. Ce contraste illustre la lutte que doit mener Toulouse-Blagnac pour maintenir un niveau acceptable de trafic.
Une fiscalité décourageante pour les compagnies low cost
La situation continue de se détériorer avec l'augmentation de la taxe d'État sur les billets d'avion, ayant triplé pour atteindre 7 euros. Cette mesure nuit gravement aux compagnies low cost, qui souffrent d'une rentabilité insuffisante. Ryanair a ainsi réduit son offre de 750 000 sièges en France, aggravant une tendance déjà préoccupante. La compagnie irlandaise pourrait continuer à abandonner des liaisons, éventuellement touchant Toulouse.
Malgré ces difficultés, l'aéroport de Blagnac cherche des solutions, consignant l'ouverture potentielle de vols saisonniers vers des destinations méditerranéennes prisées, dont la Grèce et le Maroc.
Échanges à venir sur la situation de Transavia
Un débat avec Transavia se tiendra le 12 mars, où les lecteurs de La Dépêche pourront échanger directement avec Julien Mallard, le directeur commercial. Ce sera l'occasion d'évoquer la nouvelle offre de Transavia qui succède à La Navette d'Air France.







