Une manigance politique : la Russie et la tentative d'assassinat fictive pour Orbán

Une manœuvre inquiétante pourrait changer les élections hongroises à jamais.
Une manigance politique : la Russie et la tentative d'assassinat fictive pour Orbán
Viktor Orbán est un soutien de la Russie au sein de l’UE et de l’OTAN où il utilise actuellement son droit de veto pour bloquer une aide financière vitale à l’Ukraine. flickr

L'essentiel

Les services de renseignement russes auraient discuté d'une opération visant à créer une fausse tentative d'assassinat contre Viktor Orbán afin d'influencer les résultats des prochaines élections législatives en Hongrie. Facing a tight race, le Premier ministre sortant fait face à des sondages défavorables en raison de sa position politique fragile.

La Russie est apparemment prête à tout pour maintenir son emprise sur l'Europe. Le Washington Post a révélé que les agences de renseignement russes auraient proposé une tactique audacieuse : simuler une tentative d'assassinat de Viktor Orbán. Ce stratagème viserait à sécuriser sa réélection aux législatives du 12 avril, alors que sa popularité est en déclin après 16 années au pouvoir et face à une concurrence conservatrice grandissante.

Orbán a été un allié cher à Moscou au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, utilisant notamment son droit de veto pour entraver l’aide financière envers l’Ukraine. Cependant, l’urgence de la situation économique en Hongrie pèse de plus en plus sur son image et érode son soutien populaire.

Face à la menace potentielle de perdre ce pouvoir, les agents du Service des renseignements extérieurs russe (SVR) auraient proposé de recourir à une stratégie de "tournant décisif". Selon leur rapport, une tentative d’assassinat fictive pourrait transformer la campagne électorale, en déplaçant l’attention du public des questions socio-économiques vers des préoccupations plus émotionnelles telles que la sécurité nationale.

Le "domaine émotionnel"

"Un tel incident déplacera la perception de la campagne vers un domaine émotionnel, avec des thématiques centrées sur la sécurité de l’État et la stabilité politique", ont indiqué les rédacteurs du rapport.

Le Kremlin semble s'inspirer de la réélection de Donald Trump, qui, après avoir survécu à une attaque, a bénéficié d'un regain de popularité, illustrant comment un tel événement pourrait également propulser Orbán dans les sondages.

Le Kremlin inquiet

La portée de cette proposition russe et sa validation au sein du gouvernement restent floues. Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, condamne ces informations comme étant un exemple de désinformation à un nouveau niveau.

À Budapest, l'effervescence monte, la peur d'une défaite politique croissante pousse Orbán dans une posture d'urgence. Un ancien responsable du renseignement hongrois, Andras Telkes, a précisé que "la panique s'installe au sein du parti au pouvoir, et des décisions hâtives pourraient être prises pour garantir leur maintien au pouvoir". Selon lui, le Kremlin est déterminé à s'assurer qu'Orbán reste en position de force, considérant la Hongrie comme un maillon essentiel de leur sphère d'influence.

Outre cette idée du SVR, d'autres moyens sont également utilisés pour soutenir Orbán. Les agences de sécurité européennes signalent que la Russie a lancé une campagne sur les réseaux sociaux, diffusant le message qu'Orbán est le seul en mesure de défendre la souveraineté hongroise. Des rencontres régulières seraient organisées entre Tigran Garibian, conseiller à l'ambassade de Moscou à Budapest, et des journalistes locaux pour établir des connections et donner des instructions.

Des accusations d'ingérence russe dans les élections ne sont pas nouvelles, leur campagne ayant déjà été observée lors des élections américaines de 2016. Evgueni Prigojine, ancien chef du groupe Wagner, a même admis que ses unités étaient engagées dans des opérations d'influence électorale.

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