Stéphane Roudaut (divers droite), âgé de 48 ans et fervent admirateur de Jacques Chirac, a réussi à séduire un public bien plus large que son propre camp en devenant le maire de Brest, une ville historiquement socialiste depuis 37 ans. Son élection, célébrée samedi avec 57% des voix, marque un tournant dans cette commune bretonne.
Le nouveau maire, levant les bras dans une posture symbolique de victoire, a rappelé les dernières images des rassemblements de Chirac. Bien qu'il admette un certain mimétisme, il insiste sur le fait que cela n’était pas intentionnel. En effet, il évoque son enthousiaste engagement politique, qui a commencé alors qu'il n'avait que 17 ans.
"Mes camarades de lycée m'appelaient Chirac, car j'en parlais souvent," confie-t-il, en ajoutant qu'il était avant tout captivé par "l'animal politique" qu’était Chirac, en raison de son écoute, de son contact humain et de son regard direct.
Ces traits de caractère, qu’il partage avec l’ancien président, ont probablement été déterminants pour surmonter le maire sortant, François Cuillandre, dont la personnalité moins ouverte a joué en sa défaveur. Maël de Calan, ami et président divers droite du département, décrit Roudaut comme quelqu'un d'engagé, qui sait prendre le temps de discuter et de tisser des liens avec les gens.
- Enfant de la 'fracture sociale' -
Issu d'une famille dont les members étaient majoritairement à gauche, Roudaut a toujours été conscient des difficultés sociales. Son père, sous-marinier, a tragiquement perdu la vie lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Sa mère a alors dû jongler entre plusieurs emplois pour subvenir aux besoins de la famille. "Sans les aides, je n'aurais pas pu poursuivre mes études", souligne-t-il, faisant référence à la "fracture sociale" qu'avait mise en lumière Chirac en 1995.
Sa campagne a mis l'accent sur la sécurité, avec des promesses d'armement pour 150 policiers municipaux, un engagement fort pour une ville qui n'en avait pas. Cependant, il a également tenu à rassembler des électeurs de gauche, dont plusieurs étaient sur sa liste, en prouvant qu'il pouvait dialoguer et être accessible.
Un ancien adjoint de gauche, Thierry Fayret, soutient qu'il ne le considère pas comme dogmatique et qu'il est tout aussi sympathique que conciliant. Un élu de la nouvelle opposition reconnaît également que Roudaut a un coté accueillant et affable, tout en exprimant ses craintes concernant d'éventuelles régressions sociales.
- Plébiscité à Gouesnou -
Diplômé de philosophie politique de la Sorbonne, Stéphane Roudaut était précédemment le maire de Gouesnou, une petite commune près de Brest. Ses résultats électoraux là-bas témoignent de son environnement proche, où il avait été plébiscité avec 76% des suffrages.
Témoignant de son charisme et de son écoute, une habitante de Gouesnou estime qu'il était un maire exceptionnel et proche des gens. Il a également gagné le respect même de l'opposition. Son engagement aujourd'hui est de ne pas envisager un futur en dehors de Brest : "Moi, c'est Brest et rien que Brest!" conclut-il.







