À la Maison d’arrêt de Bayonne, la surpopulation carcérale est devenue alarmante. Une visite surprise de la députée Colette Capdevielle, accompagnée de journalistes le 10 avril dernier, a mis en lumière la situation d’un établissement surpeuplé, où les détenus doivent s’adapter à des conditions de vie précaires.
Dans une cellule étroite de 9 m², initialement conçue pour accueillir une personne, trois individus cohabitent, partageant le moindre espace, de l’espace de vie aux sanitaires, réalisés avec des cloisons minces. Ici, l'intimité est un concept étranger, et le tout se déroule sans douche, un constat partagé par de nombreuses cellules dans cet édifice historique construit en 1891.
La prison abrite actuellement 160 détenus – 52 prévenus et 108 condamnés – témoignant d’un taux d’occupation qui a atteint 220 %, l’un des plus élevés en Nouvelle-Aquitaine. Selon Sud Ouest, ce taux pourrait grimper à 250 % comme observé en février dernier, où certaines cellules contenaient jusqu’à quatre détenus avec des matelas ajoutés au sol. Colette Capdevielle a souligné que cette situation est devenue « insupportable ».
« On fait du mieux qu'on peut »
La députée a été particulièrement préoccupée par les récents événements tragiques survenus dans l’établissement, comme le décès d’un jeune détenu en juillet et un suicide en mars, qui a résonné dans la communauté carcérale. L'enquête est toujours en cours, soulevant des interrogations sur la santé mentale des détenus, 30 % d'entre eux souffrant de problèmes psychologiques, là où les agents, non formés pour gérer ces cas, peinent à réagir.
Aline Schmidt, cheffe d’établissement, a déclaré face à cette pression, que « la surcharge de travail impacte lourdement la qualité de vie de tous, tant détenus qu’agents ». Trois agents sont en arrêt maladie depuis un mois, laissant le personnel restant dans une situation délicate. Romuald Guillon, délégué syndical FO, a affirmé à Sud Ouest : « La fatigue s'accumule. C'est très compliqué. »
Trois douches par semaine
Malgré ces défis, certains détenus ont signalé des améliorations au niveau des activités et des relations avec le personnel. Un homme d’environ 50 ans a noté que les douches sont limitées à seulement trois par semaine à cause d’un manque d'infrastructures ; seulement dix douches sont disponibles pour 160 détenus, rendant leur accès difficile.
Question de sécurité
La sécurité est également en jeu ; en cas de problèmes dans une cellule de nuit, un seul agent doit intervenir, ce qui souligne la précarité des conditions de travail. Un incident en décembre, où un détenu a mis le feu à sa cellule, a révélé l’engagement du personnel malgré des conditions rendues particulièrement difficiles.
Colette Capdevielle a plaidé pour une restructuration complète de l’établissement, affirmant que « raser cet établissement pour en construire un nouveau, aux normes, devrait être une priorité. » Toutefois, ces projets semblent encore éloignés, renforçant le sentiment d'urgence quant à la situation actuelle.







