Des violences armées ont éclaté dimanche à Port-au-Prince, entraînant le déplacement de près de 5 300 personnes en seulement trois jours, selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Fritznel Pierre, un représentant d'une ONG de défense des droits humains, a rapporté que « des maisons ont été pillées et incendiées. Plusieurs boutiques et écoles ont été saccagées ». Sarah Chateau, directrice des opérations de Médecins sans frontières (MSF) en Haïti, a également souligné la gravité de la situation : « Nous n'avons jamais eu autant de blessés par balles en si peu de temps ».
Haïti, le pays le plus pauvre des Caraïbes, est en proie à une escalade de la violence gangstériste, marquée par des attaques sanglantes, des enlèvements et des viols qui se sont intensifiés au cours des deux dernières années. Les quartiers du nord de la capitale, notamment, continuent d'être le théâtre de violents affrontements entre groupes armés, malgré l’interventions de la police haïtienne, comme indiqué par une source policière à l'AFP.
Les établissements de santé font également face à une crise ; un hôpital MSF a dû suspendre ses activités et évacuer son personnel en raison des combats. Sarah Chateau a partagé : « Nous avons reçu un grand nombre de blessés. À chaque fois que nous ouvrions nos portes pour accueillir des patients, des membres de la communauté en profitaient pour entrer ».
Une force multinationale contre les gangs haïtiens
La situation est devenue de plus en plus préoccupante. Sarah Chateau décrit une évacuation « stressante », ponctuée par des « balles perdues qui pleuvaient ». Elle a affirmé que même à l’intérieur des installations, la sécurité était précaire, un agent de sécurité ayant été touché par une balle perdue.
En moins de douze heures, plus de 40 personnes blessées par balles ont été soignées, comme l’a rapporté Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général des Nations unies. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) planifie une réponse humanitaire collective au milieu de cette instabilité croissante.
Un nouveau déploiement militaire international pour contrer les gangs est en cours, visant à remplacer la mission précédente, sous-équipée et sous-financée. Jusqu'à présent, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé à Port-au-Prince.
Rappelons qu'en mars et avril dernier, des affrontements avaient déjà provoqué le déplacement de près de 8 000 personnes dans ces mêmes quartiers, comme l’a souligné l’ONU.







