Le collectif NousToutes a publié le 18 mai 2026 les résultats de son enquête #Féminoscope, réalisée auprès de 15 000 participants, afin de dresser un tableau contemporain des féministes en France. Les résultats mettent en avant un profil caractéristique : des jeunes femmes urbaines, souvent issues de milieux aux revenus modestes, qui se sont engagées après avoir traversé des violences et des discriminations.
Huit ans après l’émergence du mouvement #MeToo, le collectif NousToutes, fondé en 2018, a entrepris cette vaste étude pour examiner non seulement qui sont les féministes modernes, mais également comment leurs luttes sont perçues aujourd'hui. Près de 80 % des répondants sont des femmes, et bien que l'échantillon ne soit pas entièrement représentatif de la population, il offre un éclairage pertinent sur le féminisme en dehors du cercle militant habituel.
Il en ressort que les féministes d’aujourd’hui se concentrent principalement dans les zones urbaines. La majorité des répondantes ont entre 25 et 34 ans, suivies par celles de la tranche 35-44 ans. Près de la moitié des femmes engagées travaillent à temps plein, et plus de la moitié d'entre elles déclarent un revenu mensuel de moins de 2 000 euros, soulignant ainsi une réalité financière modeste.
Un féminisme largement assumé
Un des constatations marquantes de l'enquête est que 98 % des participantes affirment partager les valeurs féministes. Cependant, seulement 61,5 % acceptent ouvertement l'étiquette de « féministe », tandis que 21,5 % se reconnaissent dans ces valeurs sans vouloir se définir ainsi. En parallèle, parmi les hommes interrogés, 14 % se déclarent alliés au mouvement. Ils affirment soutenir activement les luttes féministes.
Des jeunes femmes actives et modestes
Les résultats montrent que ces féministes sont majoritairement actives, avec une concentration significative de répondantes dans la tranche d'âge des 25 à 34 ans. On note aussi que 15 % d’entre elles sont étudiantes, tandis que d’autres présentent un statut d’indépendantes ou de salariées à temps partiel. Moins de 10 % d'entre elles sont sans emploi, et très peu dépassent l'âge de 65 ans.
Surreprésentation en zone urbaine
Une donnée clé est la forte concentration des féministes vivant en milieu urbain (81 %). La majorité réside dans de grandes villes comme Paris, Marseille et Lyon. Contrairement aux 25 à 33 % de la population française en milieu rural, seulement 17 % des répondant s’y déclarent vivant. Ainsi, le collectif NousToutes souligne la nécessité d'une meilleure présence et d’un soutien accru dans les zones rurales.
Les violences subies, moteur d'engagement
Un chiffre frappant de l’enquête est que l’engagement féministe est souvent catalysé par des expériences personnelles de violences. En effet, 50 % des participants ont rejoint des organisations après avoir subi des violences sexistes ou constaté que leurs proches étaient victimes. Selon le collectif, cela montre l’importance de l'expérience personnelle dans l'activation de l'engagement.
L’élargissement des luttes ne fait pas l’unanimité
Quant aux causes qui sont aujourd’hui associées au féminisme, plusieurs thèmes clés émergent : la défense des droits des femmes (57,4 %), la lutte contre les violences (45,8 %) et la lutte contre les discriminations (35,9 %). Toutefois, des sujets comme l'intersectionnalité suscitent des opinions divergentes, n’étant reliés au féminisme que par quatre répondants sur dix. “Les réactions ont démontré une certaine confusion sur les luttes, certaines participants préférant un féminisme plus ciblé”, commente le collectif.







