Un individu de 46 ans est actuellement jugé par la cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques pour des accusations graves comprenant enlèvement, séquestration, abus de confiance et blanchiment d'argent. Le prévenu s'était pacsé avec la victime, une veuve de 88 ans vivant seule dans le Béarn, qui a depuis trouvé la mort dans une maison de retraite à Casablanca. Le verdict devrait être rendu dans le courant de l'après-midi.
Une requête de 16 années de réclusion a été formulée ce mardi, visant cet homme pour avoir soustrait plus de 800 000 euros à la femme, son aînée de 49 ans, après l'avoir cloîtrée au Maroc.
Le ministère public a demandé aux juges d'imposer une période de sûreté de huit ans, ainsi qu'une amende s'élevant à 200 000 euros. Le prévenu, de nationalité française, est en détention provisoire depuis trois ans.
« On dépouille une vieille dame sous couvert d’affection »
Selon le témoignage de l'avocat général, l'accusé avait prétendu établir une « relation fusionnelle » avec la victime, qu'il avait rencontrée fin 2019 tout en se présentant comme un vendeur de vins. En à peine trois mois, il s'est pacsé avec elle, prenant soin d'obtenir une procuration générale sur ses biens devant notaire.
Rapidement, il a procédé à la clôture de ses comptes bancaires et de ses contrats d'assurance vie, amassant ainsi un montant total de 830 000 euros. L'accusé a également formé une Société Civile Immobilière (SCI) pour acquérir des biens et a détourné sa pension de retraite de 1 300 euros par mois.
L'avocat général décrit ce schéma comme simple : « on dépouille une vieille dame sous couvert d'affection », soulignant que l'accusé avait progressivement éloigné la victime de son entourage. Pour lui, cette dame était perçue comme « un patrimoine ambulant » plutôt que comme un être humain.
Une chambre de trois mètres carrés
Malgré ses limitations physiques, la victime a été contrainte de quitter son domicile du Béarn pour s'installer dans plusieurs appartements au Pays basque, avant de se retrouver au Maroc en 2022. C’est là que l'accusé l’a installée dans une chambre de trois mètres carrés chez les proches de sa nouvelle compagne.
La défense, représentée par Me Antoine Tugas, conteste les accusations d'enlèvement et de séquestration, arguant que la relation qu'avait son client avec la victime ne peut pas être minimisée. « Ce que monsieur a fait n’est pas flatteur, mais elle avait la capacité mentale d’exprimer son refus », affirme-t-il, en stipulant que, malgré le fait qu'elle ait été dépossédée, cela ne constitue qu'un abus de confiance.
La victime est décédée en 2025, à l'âge de 94 ans, dans une maison de retraite à Casablanca, sans représentant légal durant l’audience.







