Depuis 2020, les alertes signalées à l'institution de la Défenseure des droits ont connu une hausse fulgurante, passant d'une moyenne de 80 par an à plus de 900 en 2025. Claire Hédon, la Défenseure des droits, appelle clairement à une augmentation des moyens accordés par l'État pour faire face à cette situation inquiétante. "La question des moyens n'est pas secondaire", a-t-elle affirmé lors de la présentation de son rapport bisannuel ce 28 mai, plaidant pour la nécessité d'un soutien financier afin de protéger efficacement les lanceurs d'alerte contre d’éventuelles représailles.
Les réclamations adressées à son institution ne sont pas un phénomène isolé : l’Agence française anticorruption a aussi signalé une augmentation de 180 % des saisines, totalisant 2 257 signalements en 2025. De même, l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable a enregistré 765 sollicitations de lanceurs d'alerte, témoignant d'une mobilisation croissante des citoyens pour dénoncer des abus dans divers domaines, tels que la santé publique, la probité et la protection de l'environnement.
Cependant, cette montée en flèche des signalements met en exergue les limites du système actuel qui peine à faire face à une telle demande. "La question des moyens constitue un choix politique majeur, central à la priorisation de l'action publique", avertissent Claire Hédon et Cécile Barrois de Sarigny, son adjointe. Il est essentiel d'assurer un cadre solide d'écoute et d'accompagnement pour ces individus courageux.
Aide juridictionnelle et allocations chômage
Malheureusement, aucune autorité ne semble aujourd'hui être en mesure de fournir le soutien financier ou psychologique que la loi prévoit pour les lanceurs d'alerte. Les représailles qu'ils subissent, comme le licenciement ou la mutation, ajoutent une pression supplémentaire sur ces personnes déjà isolées. Le volume important de signalements jugés irrecevables complique également la tâche des autorités dans l'identification des véritables infractions. Pour remédier à cette situation, la Défenseure des droits plaide pour la possibilité d'un transfert direct des alertes entre différentes compétences sans passer à chaque fois par ses propres services.
Cette modification viserait à simplifier un processus actuellement complexe. Claire Hédon préconise également l'ouverture de l'aide juridictionnelle aux lanceurs d'alerte, sans condition de ressources, lors des contestations de mesures répressives. Enfin, l'institution suggère d'évaluer les options permettant de donner droit aux personnes démissionnant sous pression de représailles de percevoir des allocations chômage, pour alléger leur situation précaire.







