Mardi, 82 ans après son assassinat par la Gestapo, l'historien et résistant Marc Bloch a été célébré au Panthéon, aux côtés de son épouse Simonne. Emmanuel Macron, dans un discours poignant, a appelé à combattre "l'esprit de défaite" qui selon lui entoure la vie publique actuelle.
Le président a affirmé : "Ils furent quelques-uns à raviver la flamme de notre identité et à sauver l'honneur de la France durant des heures sombres." Il a ainsi rendu hommage à Bloch, décrit comme "l’héritier des Lumières" et un héros de plusieurs conflits. Son livre emblématique, "L'Etrange défaite", a servi de fil conducteur pour relier les défis d'hier à ceux d'aujourd'hui, tout en prenant un certain recul face à l'extrême droite.
"L’esprit de défaite, alimenté par ceux qui se disent plus français que les autres, est un poison que nous devons combattre," a déclaré Macron. Il a mis en garde contre les dangers d’un tel état d’esprit, associé à l'ombre du régime de Vichy.
Drapés dans des couleurs tricolores, les cercueils de Marc et Simonne Bloch ont pénétré le Panthéon, en pleine solennité. Des objets symboliques, dont des médailles et des lettres de Simonne, ont été placés sur leurs cénotaphes, mais leurs corps eux reposent loin de là.
Lors de la cérémonie, la "Ballade triste", un poème adressé par Marc à son épouse, a été mistiée à travers les voix des artistes Vincent Delerm et Anne Sila.
Emmanuel Macron a également souligné l'antisémite d’État qui a frappé Bloch, affirmant qu'il vivait et mourrait "en bon Français, malgré l'injustice de sa judéité". Ce faisant, il a échangé vigoureusement sur le danger de l'antisémitisme dans notre pays.
Proche de la cérémonie, les établissements Louis-le-Grand et la Sorbonne rappellent les contributions académiques de Bloch, qui a été chassé par les lois antisémites, mais dont l’héritage perdure. Sa panthéonisation est la sixième de cette présidence, après des figures telles que Simone Veil et Joséphine Baker.
La famille de Bloch a veillé à ce que l'extrême droite soit absente, bien que des membres du Rassemblement national aient exprimé du respect pour l'historien. Ce contexte a placé les intervenants autour d'un débat sur l’histoire récente de France, avec Jean-Luc Mélenchon et d'autres voix augmentant les tensions.
Marc Bloch a révolutionné l’étude de l’Histoire, intégrant des dimensions anthropologiques et sociales. Clandestin en 1943 et membre actif du mouvement Franc-Tireur, il a été arrêté en 1944 et exécuté, en criant "Vive la France". Ce parcours tragique témoigne du sacrifice d’un homme qui a toujours cru en sa patrie.







