Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a réaffirmé, mardi, que l'Iran ne pourrait pas imposer de frais de passage dans le détroit d'Ormuz, un point sensible des discussions entre les deux nations, accompagné de préoccupations liées au programme nucléaire et aux conditions de dégel des avoirs iraniens.
L'Organisation maritime internationale (OMI) a récemment annoncé le lancement d'un plan d'évacuation pour les 11 000 marins bloqués dans le détroit d'Ormuz, soulignant un premier signe de désescalade dans un conflit qui a débuté le 28 février avec des frappes israélo-américaines en Iran, causant des milliers de destructions, notamment en Iran et au Liban.
Un protocole d'accord a été signé la semaine dernière, engageant les deux pays à mettre un terme à la guerre, avec la réouverture du détroit d'Ormuz, à travers lequel transite en temps normal 20 % du pétrole mondial. La fermeture par Téhéran a sérieusement impacté l'économie mondiale, provoquant une flambée des prix pétroliers.
Les consultations avancent, médiées par le Pakistan et le Qatar, dans l'espoir d'un accord dans un délai de 60 jours renouvelables. Cependant, les divergences demeurent, notamment concernant le détroit d'Ormuz.
Arrivé à Abou Dhabi pour une visite délicate dans les pays du Golfe, M. Rubio a réaffirmé que Washington ne tolérerait ni péages ni redevances pour cette voie maritime internationale. Pendant ce temps, les négociateurs iraniens, dirigés par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont effectué une visite à Oman pour discuter de la gestion du détroit.
Dans un communiqué, Oman et l'Iran ont annoncé l'étude des “coûts” des services liés à l'administration du détroit, tout en affirmant leur souveraineté sur leurs eaux territoriales. « Si notre armement de défense n'existait pas, Israël et les États-Unis auraient anéanti l'Iran », a déclaré le président iranien, Massoud Pezeshkian, en visite officielle à Islamabad, en refusant que cet arsenal soit une question de négociation.
Sur la question nucléaire, l'Iran a annoncé qu'il ne permettrait pas à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'inspecter ses sites stratégiques, bombardés par Israël et les États-Unis. Cette position contradictoire avec les déclarations américaines selon lesquelles Téhéran accepterait des inspections complètes soulève davantage de doutes sur les stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique. Bien qu'Iran nie poursuivre des ambitions nucléaires militaires, il reste inflexible sur son droit d'opérer un programme nucléaire civil complet.
Les négociations, amorcées récemment en Suisse, suscitent des espoirs pour un règlement durable, entraînant une baisse significative du prix du baril de Brent, qui a chuté à 77,08 dollars, bien en deçà du pic de 126 dollars atteint au plus fort du conflit. Cette dynamique est alimentée par la reprise de la circulation maritime via le détroit d'Ormuz, avec 37 déplacements de navires de transport de matières premières recensés.
Pressé de mettre un terme à cette guerre pesant sur le pouvoir d'achat des Américains, Washington multiplie les signes de rapprochement envers Téhéran. Le ministère américain des Finances a également assoupli les restrictions, permettant toutes les transactions liées à la production et au transport d'hydrocarbures d'origine iranienne, autorisées jusqu'au 21 août.
Concernant le déblocage des avoirs iraniens, le gouverneur de la Banque centrale, Abdolnaser Hemmati, a démenti que ces fonds devront être utilisés uniquement pour acheter des biens américains, précisant que les premiers 12 milliards débloqués seront alloués à des produits de première nécessité et à des médicaments.
D'un point de vue symbolique, le Sénat américain a également voté une résolution non contraignante visant à ordonner le retrait des forces américaines engagées face à l'Iran. Toutefois, le front libanais demeure tendu, avec des frappes israéliennes ayant causé deux morts mardi, en réponse à des attaques de « terroristes armés », selon les autorités israéliennes. Le Hezbollah, lié à l'Iran, accuse Israël de violer le cessez-le-feu et réclame un retrait planifié des forces israéliennes.
Les enjeux géopolitiques dans cette région cruciale ne cessent d'évoluer, et l'issue des négociations restera déterminante pour l'avenir des relations Iran-États-Unis et la stabilité régionale.







