Ce mercredi, des voix se sont élevées au Sénat, avec des parents et associations éclairant les inégalités face aux violences, notamment sexuelles, dans le périscolaire. Elles accusent « un système qui se maintient par le silence ». Selon ces représentants, « lorsque la famille alerte, l'institution tend à minimiser ou à ignorer, tandis que l'agent en question reste souvent en poste ou est simplement déplacé », a rapporté SOS Périscolaire.
Créé en 2021 par des parents d'élèves à Paris, le collectif SOS Périscolaire a reçu plus de 530 témoignages provenant de plus de 70 départements, pour une variété d'incidents incluant des enquêtes sur 84 écoles maternelles. Un nombre inquiétant de 132 animateurs a été suspendu alors que le parquet reste vigilant.
Une mécanique récurrente dénoncée
Les statistiques sont frappantes : six signalements sur dix relèvent de violences psychologiques, un sur trois évoque des violences physiques et un sur cinq des violences sexuelles. Elisabeth Guthmann, cofondatrice de SOS Périscolaire, a mentionné que l'association accompagne actuellement 75 familles en justice, souvent pour des cas lourds d'agression sexuelle sur des enfants compris entre 3 et 6 ans.
MeTooEcole, un collectif plus récent, a souligné qu'environ 40 % des violences sexuelles sur mineurs trouvent leur origine dans le périscolaire ou l'école, tout en déplorant une méconnaissance des chiffres. « Un cycle de mise en cause systématique entraîne une incapacité alarmante à protéger nos enfants », a-t-elle poursuivi.
Les familles se retrouvent souvent dans une impasse, les institutions se renvoyant la responsabilité. L'école évoque la compétence des communes, qui à leur tour se défaussent vers la justice. Trop fréquemment, les victimes restent sans voix, longtemps ignorées.
Un système à réformer
« Menteur » est le terme qui revient lorsque l'enfant ose évoquer ses douleurs, dénoncent les parents et les avocats. Ce silence est profondément enraciné, parfois même à travers des menaces de plainte en diffamation à l’égard de ceux qui tentent de soulever la question. Nathalie Bucquet, avocate pour Innocence en danger, a également souligné le manque de ressources, notamment à Paris, pour mener des enquêtes complètes.
MeTooEcole met en lumière les obstacles persistants : « Prévention, contrôle, signalement, protection immédiate » - des processus qui sont cruellement inefficaces, un constat partagé par Barka Zerouali, cofondatrice de l'association.
Des conséquences profondes pour les familles
Des méthodes d'audition défaillantes ont été pointées du doigt, notamment un incident à Colombes où 90 enfants ont été interrogés dans un cadre inadéquat après qu'une plainte ait été déposée. Cette approche a conduit à des situations où les victimes potentielles n’ont pas reçu l’attention nécessaire, créant des traumatismes supplémentaires.
Les familles, souvent en proie à des frais juridiques accablants et à des besoins psychologiques non satisfaits, se retrouvent à changer de lieu de vie et d’écoles, laissant parfois les véritables fautifs en position de pouvoir. « Ce sont les enfants qui doivent s'adapter et partir, alors que les animateurs restent en place, tandis que la situation reste alarmante », concluent les associations.







