L'essentiel
Le Rassemblement national est à nouveau sous le feu des projecteurs avec plusieurs enquêtes affectant son financement. Plus de 4,3 millions d'euros sont scrutés, avec des soupçons de détournement de fonds publics, d'emplois fictifs et de formations contestées. La pression sur le parti et son leader, Jordan Bardella, s'intensifie.
Coup de filet européen : 4,3 millions d'euros dans le viseur du Parquet européen
À quelques jours d'une décision judiciaire majeure pour Marine Le Pen, le Rassemblement national se trouve englué dans une série d'affaires compromettantes. Des perquisitions simultanées ont eu lieu en France, en Belgique, en Italie et en Espagne, dans le cadre d'une enquête initiée par le Parquet européen pour des soupçons de détournement de fonds publics et d'abus de confiance. Cette opération remonte au 30 juin et fait suite à des préoccupations quant à la gestion des fonds alloués à l'ancien groupe de députés européens d'Identité et Démocratie (ID).
Les enquêteurs enquêtent sur l'utilisation d'une somme de plus de 4,3 millions d'euros qui aurait été censée financer le fonctionnement technique du groupe, mais qui serait plutôt utilisée à des fins partisanes. Comme l'indique Le Monde, cette gestion opaque commence à poser des questions sur l'intégrité des finances du RN.
Le "média training" de Bardella : une ardoise à 133 000 euros
Une autre facette de cette affaire concerne un programme de formation aux médias financé par des fonds européens, dont Jordan Bardella aurait bénéficié avant la présidentielle de 2022. Cette enquête, qui dure depuis le 7 mai, trouve ses origines dans un article du Canard enchaîné, et concerne des fonds évalués à 133 000 euros. Le RN défend la légitimité de ces formations, tandis que Bardella a porté plainte pour dénonciation calomnieuse.
L'emploi Jalkh : la bombe à retardement des assistants parlementaires
À peine les perquisitions achevées, l'association Anticor a déposé une plainte contre Jordan Bardella, l'accusant de détournement de fonds liés à un emploi qu'il aurait occupé comme assistant parlementaire dans le cadre de sa relation avec l'eurodéputé Jean-François Jalkh. Les faits remontent à 2015 et soulèvent des allégations d'emploi fictif. Selon l'association, Bardella aurait utilisé de faux documents pour justifier ce travail.
Verdict imminent pour Marine Le Pen : le tournant du 7 juillet 2026
C'est le dossier le plus lourd de conséquences. Marine Le Pen a été condamnée en première instance le 31 mars 2025 dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, aujourd'hui Rassemblement national, à quatre ans de prison, dont deux ferme, et cinq ans d'inéligibilité. Le procès en appel s'est tenu du 13 janvier au 12 février 2026 ; la décision est attendue ce mardi 7 juillet. Une confirmation de la peine d'inéligibilité pourrait barrer le chemin de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2027, ouvrant ainsi la voie à une candidature de Jordan Bardella.







