«Tout le monde a besoin d’un pantalon.» C’est une pensée partagée par de nombreux festayres à l’approche des Fêtes de Bayonne. Miren Elkegaray ainsi que huit autres mamans de l’atelier Kimuaztail, situé dans l'enceinte de l’Ikastola d’Anglet, se sont mobilisées pour créer des pantalons blancs issus de vieux draps et nappes délaissés. Ce projet permet non seulement de redonner vie à de beaux tissus, mais également à de précieuses broderies.
Toutes les pièces sont vendues à prix unique de 30 euros. «Nous avons choisi de ne pas les vendre trop cher, car ils sont souvent salissants,» explique Miren. À une semaine des festivités, seuls quelques exemplaires sur les 20 initialement confectionnés restent disponibles. «Nous sommes très surprises du succès rencontré!», ajoute-t-elle.
Derrière le portant où reposent les derniers pantalons, de nombreuses jupes et chemises attendent leurs propriétaires. «L’idée de Kimuaztail était de créer des tenues traditionnelles pour Olentzero, car nous avions remarqué qu’aucun parent n’était habillé pour l’occasion. Cette année, la confection de pantalons nous a permis d’élargir notre clientèle», souligne Miren.
Le concept a également séduit Amandine, une saisonnière de Lyon, qui a découvert l'initiative sur Instagram. «Je travaille dans une auberge de jeunesse et j’adore cette approche de la récupération. J’ai même eu droit à une séance d’essayage et de conseils personnalisés!» Cathy, une autre cliente, préfère l’originalité des créations. «Cela change de mes jupes habituelles!»
Le succès de ces vêtements repose aussi sur le bouche-à-oreille concernant les dons de tissus. «Les gens préfèrent souvent donner plutôt que jeter, ce qui nous permet de récupérer des linges chargés d’histoires,» raconte Miren, évoquant des draps donnés par des couples ayant vidé leur maison, des objets qui peuvent avoir une valeur sentimentale.
«On préfère généralement donner que jeter, et nous, on récupère du linge qui a une histoire.»
Les bénéfices de ces ventes reviennent intégralement à l’établissement, notamment pour financer l’aide des enseignants. «Le plus gros poste de dépense concerne le paiement des assistants,» explique Margaita Luro, qui fait des retouches après sa journée de travail. Au sein de l'équipe, même ceux qui ne se considèrent pas comme de véritables couturières contribuent à cette initiative, créant une atmosphère conviviale et inclusive où chacun peut apporter sa touche.
Après un premier lancement couronné de succès, l’atelier se prépare déjà pour l’année suivante. «Nous avons reçu tant de commandes qu’il nous faut encore davantage de tissus!» conclut la couturière.







