Alors que plus de la moitié des postes d'internes en psychiatrie à l'hôpital de Poitiers restent vacants, les établissements de santé de la région Poitou-Charentes se mobilisent pour renforcer leurs équipes. Le constat est sans appel : « Les psychiatres de nos départements sont à bout », souligne Bruno Faulconnier, directeur des hôpitaux de Niort. Ce phénomène alarmant appelle à des solutions innovantes pour attirer des praticiens vers cette spécialité en crise.
Pour faire face à cette désertification, sept hôpitaux de l'ex-région Poitou-Charentes ont décidé de mutualiser leurs ressources. « Avant d'attirer de nouveaux médecins, il faut d'abord se soucier de ceux déjà présents », affirme le Pr Nemat Jaafari, psychiatre au centre hospitalier Henri-Laborit à Poitiers. L'idée d'une brigade volante a été proposée pour permettre aux professionnels en place de prendre des congés et se former sans compromettre le service aux patients.
Attirer des étudiants par les échanges avec l'étranger
Dans le cadre de cette initiative, un projet ambitieux de coopération internationale sera lancé. Il inclura des partenariats avec des pays comme le Maroc, la Tunisie, la République démocratique du Congo et le Canada. L'objectif n'est pas de recruter des médecins de ces régions, mais d'élargir la formation des étudiants. « Un étudiant français pourra faire une partie de son internat à l'hôpital d'un pays partenaire, ce qui encouragera l'apprentissage de pratiques adaptées à des cultures variées », explique le Pr Jaafari.
Pour alléger la charge de travail des psychiatres, une formation pour infirmiers souhaitant obtenir un diplôme de pratiques avancées est également proposée. Cela permettra à ces professionnels de renouveler des ordonnances pour des patients suivis, en coordination avec le médecin.
Des besoins criants
« Il faut agir vite, il y a urgence », insiste Bruno Faulconnier. Depuis la pandémie, les consultations de jeunes et d'adolescents en psychiatrie ont explosé, et la stigmatisation autour de ces démarches se réduit. « Une bonne chose pour la santé mentale des Français, mais nos praticiens ne sont pas assez nombreux pour répondre à cette demande accrue », déplore-t-il.
Ce plan de bataille a déjà reçu l'aval de l'Agence régionale de santé, qui s'apprête à débloquer des fonds pour soutenir cette initiative nécessaire et ambitieuse.







