Résidente de Limoges, vous avez sûrement croisé l'une des œuvres en noir et blanc d'Anne Mégnint, une photographe de 24 ans qui a choisi d’orner les murs de la ville de clichés évoquant des ruines destinées à disparaître avec le temps. À l'instar de l'artiste JR, Anne s'illustre en investissant des espaces publics pour créer un art accessible à tous.
« Je suis née ici, à Limoges, et bien que j’aie étudié aux Beaux-Arts, ma vraie source d’inspiration reste la ruine », explique-t-elle. L’artiste observe comment les textures et la végétation s’immiscent dans ces lieux abandonnés, créant une interaction unique avec l’espace urbain. Les enfants de Beaubreuil, un quartier populaire, font partie de ses sujets : « Je voulais amener l'art à des personnes qui ne se sentiraient pas à leur place dans une galerie », souligne-t-elle.
Son technique favori, le collage, trouve toute son expression dans des endroits chargés d’histoire. Dans un ancien garage Renault, elle a projeté d’intégrer des pneus pour établir une connection entre l'œuvre et le lieu : « Chaque collage raconte une histoire », précise-t-elle. Toutefois, la nature éphémère de son travail n'est pas un frein : "Je préfère que mes œuvres évoluent et disparaissent, pour laisser place à de nouvelles créations. Cela fait partie du cycle de l'art", affirme Anne.
Anne Mégnint ne se considère pas comme une élève modèle des Beaux-Arts : "J’y allais parfois sans motivation. Ce n’est pas que l’établissement soit en cause, mais je ne trouvais pas ma place jusqu'à ce que je découvre ma passion pour la photographie. Ce fut une révélation." L’enseignante Camille Vacher confirme cette quête d’identité artistique : « Quand un étudiant réalise que sa démarche est artistique, c’est un moment clé. Cela prouve que l'enseignement fonctionne. »
Aujourd'hui, reconnue pour son approche innovante, Anne continue de se rapprocher de son élément naturel : la rue. Son parcours est la preuve qu'on peut transformer des lieux oubliés en véritables galeries d'art, accessibles à tous.







