Il pourrait sembler incroyable qu’en 2026, de nombreux parents ne prennent pas le temps d’aborder des sujets cruciaux concernant les dangers des écrans. Selon un rapport de la Fondation pour l’Enfance, révélant des résultats troublants, environ un quart des enfants de 8 à 15 ans affirment ne jamais avoir eu de discussions avec leurs parents sur des contenus inappropriés en ligne.
Cette enquête a été effectuée auprès d’un échantillon de 1 001 parents et d’autant d’enfants, illustrant une réalité alarmante : 12 % des enfants déclarent qu’aucune conversation sur les risques d’Internet – comme le cyberharcèlement ou les faux profils – n’a eu lieu avec leurs géniteurs. Ces statistiques s’inscrivent dans un contexte plus large de sensibilisation, où des discussions sur les risques associés aux médias numériques deviennent vitales.
Un manque de communication inquiétant
Le constat est sévère. Parmi les enfants, près d'un garçon sur cinq de 10 ans aurait accès à des sites pornographiques chaque mois. Plus de la moitié des enfants de 12 ans se rendraient sur de telles plateformes pendant environ une heure par mois. Ces chiffres s’accompagnent d’une autre réalité, celle du cyberharcèlement, touchant 20 % des élèves de primaire et près de 30 % des collégiennes. Les adultes semblent pour beaucoup ignorer les dangers auxquels leurs enfants sont exposés.
Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’Enfance, attire l’attention sur le fait que beaucoup de familles manquent de dialogue. « Il est indispensable de commencer à discuter des écrans dès le jeune âge pour faciliter les conversations à l’adolescence, lorsque les risques sont en augmentation », souligne-t-elle.
Un usage massif et mal encadré des écrans
D’après le baromètre, 80 % des 11-15 ans possèdent un smartphone, et 52 % des 8-10 ans en ont un également. Pourtant, 44 % des parents et 40 % des enfants jugent que les discussions sur le numérique sont souvent sources de conflits. Joëlle Sicamois rappelle que les interactions doivent se faire sous un angle d’écoute plutôt que de jugement afin de favoriser un climat de confiance.
Facteurs aggravants
Le baromètre indique aussi que 29 % des parents autorisent leurs enfants à utiliser des écrans avant de se coucher, ignorance un impact négatif prouvé sur le sommeil. La lumière bleue des dispositifs inhibe la production de mélatonine, hormone essentielle à l’endormissement. Les conséquences de cette négligence peuvent se prolonger au long de la journée, provoquant une difficulté d'apprentissage chez les enfants, selon l’experte.
Enfin, la tendance à occuper les enfants avec des écrans plutôt que de leur permettre de s’ennuyer est une réalité préoccupante. Joëlle Sicamois conclut en recommandant : « Réintroduire l’ennui dans les activités des enfants pourrait être bénéfique ». En somme, l’appel au dialogue et à la vigilance est plus que jamais d'actualité.







