Dans un contexte de forte demande pour l'intelligence artificielle (IA) et le cloud, Nvidia continue d'accélérer le développement de ses produits. Le géant des semi-conducteurs a annoncé mercredi des résultats financiers bien supérieurs aux anticipations pour le quatrième trimestre de son exercice, clos fin janvier. Le bénéfice net atteint 42,96 milliards de dollars, soit une augmentation de 94 % par rapport à l'année dernière.
Mesuré par action, hors éléments exceptionnels, ce bénéfice s'établit à 1,62 dollar, dépassant les prévisions de 1,51 dollar, selon le consensus de FactSet. Bien que la concurrence, notamment de la part d'AMD, Google et Amazon, s'intensifie, Nvidia conserve sa position de leader dans le secteur de l'IA, agissant comme un baromètre clé de son évolution.
Des capacités de calcul « mille fois plus élevées »
En janvier, Nvidia a lancé la production des GPU Rubin, à peine un an après celle des Blackwell. « La demande pour les capacités de calcul nécessaires à l'IA générative est en forte croissance », a déclaré Jensen Huang, CEO de Nvidia. Il évoque même un "point d’inflexion" avec l'émergence d'agents d'IA capables d'effectuer des tâches de manière autonome. "Ces agents nécessitent un niveau de traitement beaucoup plus élevé que des requêtes simples à ChatGPT", a-t-il ajouté.
D'après Huang, les capacités requises sont mille fois supérieures à celles du passé, entraînant une intensification des investissements dans les infrastructures informatiques. Nvidia anticipe un chiffre d'affaires de 78 milliards de dollars, représentant une hausse de 77 % sur un an.
Nvidia plus forte capitalisation boursière
Pour le quatrième trimestre, les ventes ont atteint 68,1 milliards de dollars, marquant une hausse de 73 % par rapport à l'année précédente. La marge brute a également considérablement augmenté, atteignant 75 %. Jacob Bourne, analyste chez Emarketer, souligne que Nvidia continue de dépasser les prévisions et que la demande pour ses puces reste forte, malgré les efforts des géants du cloud pour diversifier leurs sources d'approvisionnement.
Malgré sa position dominante avec une capitalisation boursière de 4 761 milliards de dollars, Nvidia est en recul par rapport à ses sommets de fin octobre. Matt Britzman d'Hargreaves Lansdown évoque de possibles incertitudes quant à la pérennité de cette flambée des dépenses en IA au-delà de ces prochaines années. Après une montée initiale, l'action de Nvidia a chuté de près de 1 % après la clôture de Wall Street, bien que les prévisions pour 2026 et 2027 soient jugées trop pessimistes, laissant entrevoir des révisions à la hausse.
Sur un autre front, Nvidia ne prévoit pas de revenus substantiels en Chine en dépit de l'autorisation gouvernementale pour la vente de certaines puces, jugées moins performantes. Les conditions imposées rendent en effet les exportations difficiles, les autorités chinoises cherchant à soutenir leur industrie locale.







