Ce lundi marque le début officiel de la campagne des élections municipales, programmées pour les 15 et 22 mars. Les candidats ont déposé leurs listes en préfecture et les affichages électoraux commencent à apparaître dans la ville. Edouard Philippe, le maire sortant et chef de file d'Horizons, brigue un troisième mandat. Il se retrouve face à six autres concurrents, dont Jean-Paul Lecoq, le député communiste, qui avait déjà croisé le fer avec lui lors des élections de 2020.
Philippe, qui a clairement lié son avenir politique à ce scrutin municipal, a exprimé que sa victoire pourrait définir la suite de sa carrière, notamment en vue de l'élection présidentielle. Dans un contexte politiquement chargé, l'ancien Premier ministre se retrouve dans la position délicate de devoir prouver sa capacité à conserver l'appui des Havrais tout en jouant sur le plan national.
Les critiques fusent : Franck Keller, candidat de l'Union des droites, souligne que Philippe pourrait abandonner le Havre pour des ambitions présidentielles, jugeant cela paradoxal. "Le Havre ne peut pas attendre six ans de plus", déclare-t-il, pointant du doigt les conséquences d'une éventuelle élection nationale immédiate sur la gestion de la ville.
Charlotte Boulogne, à la tête de la liste de La France Insoumise, n'hésite pas à voir en Philippe un objectif à abattre, conseillant d'utiliser cette élection pour écarter le candidat du même coup pour la présidentielle. Elle déclare : "Ce qui compte, c'est l'échéance municipale, mais si on pouvait faire d'une pierre deux coups, ce serait bien."
Pour sa part, Edouard Philippe semble vouloir apaiser les craintes : il a affirmé que sa priorité était Le Havre et que tout autre résultat inattendu à la présidentielle ne changerait pas son engagement envers les habitants. Néanmoins, il demeure conscient que la contestation est forte parmi les citoyens, qui pourraient exprimer leur dissatisfaction par les urnes.
Jean-Paul Lecoq, pour sa part, aborde la campagne avec un objectif local. "Je tiens à ce que cette campagne soit Havro-Havraise, que l’on parle de la vie quotidienne des habitants", insiste-t-il. De son avis, cette élection ne doit pas être volée à la population locale.
Alors que les rumeurs d'une triangulaire au second tour circulent, Philippe se dit prêt à relever le défi : "Il est essentiel que chacun comprenne que le vote est une expression de démocratie. Mais il faut aussi choisir le futur gestionnaire de la ville pour six ans. Une simple protestation pourrait laisser d'autres prendre cette décision à sa place."
En 2020, Edouard Philippe avait été réélu avec 58,8 % des voix face à Lecoq, qui avait alors obtenu 41,2 %. La dynamique actuelle pourrait être bien différente, alors que les préoccupations locales deviennent plus pressantes.
Les autres candidats au Havre
- Magali Cauchois, Lutte Ouvrière
- Marie Le Cieux, Le Havre est à Vous ! (liste citoyenne)
- Sophie Zarifian, Le Havre en débat (liste citoyenne)







