Breuil-en-Auge, village pittoresque du Calvados, fait face à un défi de taille depuis le départ de son unique médecin à la fin de l'année 2025. Confrontée à une situation délicate, la commune explore diverses pistes pour attirer un nouveau praticien, allant jusqu'à solliciter le ministère des Armées pour séduire un professionnel de santé souhaitant réintégrer le civil.
Le 31 décembre 2025 marquera peut-être un tournant décisif pour le village, situé entre Lisieux et Pont-l’Évêque. L'absence d'un médecin depuis ce départ a plongé les habitants dans un profond désarroi. Yvette, l'une des résidentes, partage sa détresse : « J'ai dû attendre trois mois sans médecin. J'ai fait appel à des praticiens qui ne prenaient plus de nouveaux patients, ce qui a compliqué mes soins. » Elle a finalement trouvé un médecin à une dizaine de kilomètres, mais comme beaucoup d'autres, elle déplore la nécessité de faire des kilomètres pour des soins essentiels.
Des militaires « très proches de la population »
Pour pallier ce manque, le maire, David Pottier, a décidé de mobiliser tous les atouts possibles. « Nous avons contacté l'Ordre des médecins, l'Agence régionale de santé et même les facultés de médecine » raconte-t-il. Sur le conseil d'un adjoint, il a exploré l'idée de convaincre un ancien militaire de faire le saut vers le civil. Il souligne qu'un docteur dans une commune voisine avait un passé militaire et qu'il pourrait en être de même pour d'autres. Pottier est convaincu qu'un lien fort entre la population et le corps militaire pourrait encourager l'une de ces personnes à envisager le cadre de vie du Breuil-en-Auge. Il propose d'équiper un cabinet clé en main pour un médecin intéressé.
En 2022, pour anticiper une carrière future de médecin, la commune a, à l'initiative des agents locaux, transformé une salle des associations en cabinet médical pour un coût de 10 000 euros, en plus d'avoir pris en charge une partie du loyer et du salaire d'une assistante. Cette décision avait pour but de desservir une population de près de 1 000 habitants, et environ 1 500 patients suivaient des soins dans cette structure.
Des banderoles exhibées aux entrées de la commune
Le départ du médecin a été ressenti comme un véritable choc, exacerbant une situation déjà compliquée dans un contexte de « désert médical ». La ville voisine, Lisieux, ne fait pas exception : « Mon petit-fils peine à trouver un médecin. Tous les praticiens sont complets », se désole Sylvie, une habitante. Même la boulangère du village se retrouve à faire des kilomètres pour consulter son médecin traitant, qui se situe en Orne. « Nous avons un enfant, un médecin est indispensable ici. C'est un réel défi de trouver un professionnel dans nos villages, mais nous restons optimistes », dit-elle. Des banderoles apposées aux entrées de la commune témoignent de cette recherche urgente.
Pour attirer l'attention des militaires, ainsi que d'autres soignants potentiels, le Breuil met en avant son cadre de vie agréable, à seulement 20 kilomètres de la mer et proche d'infrastructures clés, comme l'autoroute, tout en offrant commerces et services. Le maire conclut : « Nous sommes ouverts à toute proposition, y compris sur le plan financier, et un médecin bénéficierait immédiatement d'une patientèle. Le pôle médical de Pont-l’Évêque est à proximité, et nous disposons déjà d'un cabinet avec cinq infirmières. Ce généraliste est la pièce manquante pour assurer une couverture médicale adéquate sur notre territoire. » Le Breuil-en-Auge attend avec impatience des réponses à cet appel à l'aide.







