Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, membre de La France Insoumise (LFI), a annoncé samedi auprès de l'AFP qu'il comptait déposer une plainte après des remarques à caractère raciste diffusées sur CNews. Cette déclaration a suscité une vague de réactions dans le milieu politique, avec des responsables de gauche condamnant fermement les propos, que la chaîne a qualifiés de "polémique infondée".
"Il y aura un dépôt de plainte... Je prévois également d'organiser prochainement un grand rassemblement pour mobiliser tous ceux qui s'opposent au racisme et au fascisme", a précisé M. Bagayoko, élu dès le premier tour le 15 mars dernier dans la deuxième ville d'Ile-de-France.
Né de parents maliens, M. Bagayoko a été la cible de nombreux commentaires racistes sur les réseaux sociaux suite à son élection. Cette fois-ci, il conteste un extrait diffusé vendredi sur CNews lors d'un débat qui portait sur les débuts de son mandat. Les propos du psychologue Jean Doridot, qui s’interrogeait sur l’approche de M. Bagayoko vis-à-vis de certains agents territoriaux, ont particulièrement choqué.
Le présentateur a interrogé : "Est-ce que ce maire 'essaye de pousser les limites'?" À quoi M. Doridot a répondu : "Sûrement. Mais il est crucial de rappeler que l'homo sapiens, tout comme d'autres grands singes, évolue en société où un chef définit son autorité." Cette déclaration a provoqué l'indignation, notamment de la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot, qui a dénoncé un racisme "crasse et décomplexé", y voyant une allusion déplacée entre M. Bagayoko et les "simiens".
D'autres personnalités politiques, comme le sénateur communiste Ian Brossat, ont également critiqué CNews, la qualifiant de "cloaque raciste", tout comme la députée écologiste Léa Balage El Mariky qui a dénoncé la chaîne comme une "poubelle" alimentant le racisme envers les nouveaux maires, en particulier M. Bagayoko.
CNews a défendu ses propos, affirmant qu'ils avaient été "clarifiés" par M. Doridot, qui a reconnu que son avis n'avait peut-être pas été suffisamment explicite. Cependant, Dominique Sopo, dirigeant de SOS Racisme, a condamné ce commentaire comme une attaque aux relents manifestes de racisme, soulignant l'impact négatif que de telles analogies peuvent avoir sur le débat public.
La chaîne est par ailleurs sous le feu des critiques après qu'un débatteur, Michel Onfray, a qualifié M. Bagayoko de "mâle dominant" en réaction à son appel à l'allégeance après son élection, une évaluation qui a été jugée inacceptable par plusieurs politiciens, dont le coordinateur insoumis Manuel Bompard.
Il est à noter que CNews a déjà été sanctionnée par l'Arcom pour des contenus jugés incitant à la discrimination, notamment à l'égard des musulmans et des Algériens, soulignant ainsi la nécessité d'une surveillance constante des propos diffusés sur ses ondes.







