Vice-présidente de l'association Old'Up, qui soutient les retraités avec le slogan "plus si jeunes, mais pas si vieux!", Martine Gruère nous fait part chaque mois de ses humeurs, passions et frustrations, toujours avec la volonté de combattre les stéréotypes liés à l'âge.
Lors d'un séjour à Dubaï quelques années auparavant, en famille, j'ai eu l'opportunité de visiter ce que l'on appelle "le plus grand centre commercial du monde". Une foule cosmopolite y déambulait, et parmi elle, j'ai été fascinée par un groupe dirigé par une femme magnifique et apaisante. En nous approchant, j'ai découvert que cette figure envoûtante était un robot. Son visage était si réaliste qu'il était difficile de croire à sa nature artificielle. J'ai presque eu envie de lui proposer un verre de bourgogne, tant la frontière entre le réel et le virtuel semblait floue. Cela m'a poussée à réfléchir: comment ces robots vivent-ils des expériences humaines telles que boire ou manger?
Un parcours du combattant pour assister à un concert
Récemment, j'ai souhaité assister à un concert de jazz donné par le groupe en plein essor "Dirty jazz", créé par un ami d'enfance. La réservation de billets en ligne s'est révélée un véritable défi. Après plusieurs tentatives infructueuses, j'ai dû solliciter l'aide de ma fille, qui a trente-sept ans de moins que moi. Bien qu'elle ait réussi, l'accès final aux billets n'était possible que deux heures avant le concert, nécessitant une série d'étapes compliquées. En arrivant enfin à la caisse de la salle, j'ai demandé à la caissière si ces démarches étaient conçues pour décourager les personnes âgées, souvent néophytes en technologie. Elle m'a expliqué que cela visait à éviter la revente des billets. Nous avons finalement choisi de nous éloigner des foules parisiennes et d'opter pour un confort télévisuel. Ce qui m'a rassurée, c'est de voir tant de spectateurs aux cheveux gris dans la salle - une preuve que nous ne sommes pas seuls.
L'hésitation face à la numérisation des documents
Le monde moderne est envahi par les écrans; dans le métro, les smartphones ont remplacé journaux et livres. Nous sommes continuellement incités à nous inscrire sur des plateformes numériques, mettant de côté l'idée de conserver nos documents sur papier. Pour beaucoup, y renoncer semble paradoxal, voire angoissant. J'ai même accepté, par curiosité, d'être interviewée dans le métavers, choisissant un avatar jeune pour m'y représenter. Cependant, l'expérience m'a semblé peu engageante.
Malgré tout, ces nouveaux outils sont un cadeau inestimable qui nous relie à tous ceux que nous chérissons, peu importe la distance. Grâce à eux, nous pouvons explorer des œuvres artistiques, des films et des documentaires, tout en restant chez nous. En tant que seniors, la curiosité pour ces nouvelles technologies, notamment l'IA, stimule notre créativité et nous pousse à apprendre, un combat quotidien contre les stéréotypes et l'âgisme qui nous entoure. Chaque petite victoire, comme découvrir une nouvelle fonction informatique, nourrit notre esprit et nous rappelle que l'âge n'est qu'un chiffre.







