Deux ans et demi après son adoption, la révision de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 entre en examen en commission, avec l'ajout de 36 milliards d'euros. Cette initiative reflète des préoccupations croissantes face aux tensions militaires en Europe, notamment la guerre en Ukraine et les conflits au Moyen-Orient.
La précédente loi, qui prévoyait 413 milliards d'euros sur six ans, peut désormais être ajustée pour atteindre un budget militaire de 76,3 milliards d'euros annuels d'ici 2030, représentant 2,5 % du PIB. Cependant, ce plan devra être réévalué chaque année par le Parlement lors des votes budgétaires, et l'année électorale de 2027 pourrait entraîner des modifications significatives.
Jean-Louis Thiériot (LR), ancien ministre et corapporteur du texte, juge cet effort louable, mais pas suffisant face à "un péril existentiel" en Europe. "La France doit se préparer à des crises multiples et intensifiées tout en gérant des actions hybrides sur son territoire", a averti Catherine Vautrin, ministre des Armées.
Le député Laurent Jacobelli (RN) qualifie la révision d'"effort de rattrapage", tandis qu'Aurélien Saintoul (LFI) la décrit comme "fondamentalement insincère", affirmant que ces nouvelles enveloppes serviront surtout à régler les dettes de la LPM antérieure.
Bien que le format des armées ne soit pas modifié, le texte insiste sur des investissements essentiels, notamment avec 8,5 milliards d'euros supplémentaires pour les munitions, totalisant 26 milliards sur la durée.
En plus des investissements, plusieurs éléments novateurs sont introduits. Par exemple, le texte autorise les opérateurs privés à neutraliser des drones sur des sites sensibles et propose la création d'un "état d'alerte de sécurité nationale", permettant des dérogations légales en cas de menace sérieuse.
Il prévoit aussi d'utiliser des algorithmes pour le renseignement, notamment pour surveiller les connexions sur internet et lutter contre la criminalité organisée, une disposition qui avait été annulée par le Conseil constitutionnel dans une précédente loi.
Enfin, le projet inclut des mesures pour superviser la publication d'écrits d'anciens agents du renseignement et l'établissement d'un nouveau service national, militaire et volontaire.







