Les États-Unis et l'Iran se font des menaces réciproques à seulement deux jours de la fin de leur cessez-le-feu de deux semaines, alors que l'incertitude plane sur la reprise des négociations au Pakistan.
Une source informée a révélé à l'AFP qu'une délégation américaine devait se rendre prochainement à Islamabad pour discuter avec des représentants iraniens, sans détails sur la date ou l'heure de ce voyage.
La fin du cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril, approche alors que le monde continue de se remettre d'une guerre dévastatrice au Moyen-Orient qui affecte fortement l'économie mondiale.
En effet, comme l'a noté Donald Trump auprès de Bloomberg, cet ultimatum expirera "mercredi soir, heure de Washington", soulignant qu'il estime très improbable une prolongation.
L'Iran refuse la menace de Trump
Sur les réseaux sociaux, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a déclaré : "Nous ne négocierons pas sous contrainte, et au cours des deux dernières semaines, nous avons élaboré de nouvelles stratégies."
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a également précisé qu'aucun plan concret pour de futures négociations n'était établi, remettant en question la sincérité des intentions américaines.
Dans une déclaration frappante, Trump a prévenu que "beaucoup de bombes exploseront" si les demandes américaines ne sont pas satisfaites d'ici la fin de ce cessez-le-feu, se souvenant de ses précédentes menaces d'anéantir l'Iran.
Trump veut poursuivre le blocus
De plus, Trump a insisté sur le fait qu'il compte maintenir le blocus sur les ports iraniens tant qu'aucun accord avec Téhéran n'est conclu, affirmant que cela fait perdre à l'Iran "500 millions de dollars par jour".
Cependant, la société maritime Lloyd's List Intelligence a rapporté que "26 navires de la flotte fantôme iranienne ont contourné le blocus américain" depuis son application la semaine passée.
À Téhéran, alors que les principaux aéroports ont rouvert, la vie quotidienne a repris son cours avec des cafés animés et des parcs fréquentés. Malgré cela, une biologiste de 30 ans, s'exprimant anonymement pour des raisons de sécurité, a déclaré : "Peu importe ce qui se passe, le véritable perdant, c'est le peuple iranien."
Xi Jinping milite pour l'ouverture du détroit
Une iranienne de 39 ans a décrit la situation dans le pays comme "terrible", alors qu'elle évoque plusieurs milliers de décès dus aux frappes israélo-américaines. "Il n'y a pas d'espoir. L'économie est désastreuse, et il y a de plus en plus d'exécutions", a-t-elle regretté.
Les prix du pétrole ont connu un recul mardi, après une hausse due aux tensions croissantes dans le détroit d'Ormuz, qui reste crucial pour l'approvisionnement mondial. Le président chinois, Xi Jinping, a souligné l'importance de maintenir ce passage maritime ouvert lors d'une conversation avec le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane.
Face aux menaces américaines, l'Iran a annoncé qu'il reprendrait un "contrôle strict" sur le détroit, revenant sur sa décision d'ouverture, promettant une riposte rapide après la saisie par Washington d'un cargo iranien.
JD Vance doit mener la délégation américaine
La situation semble indiquer un éloignement d'un éventuel accord, chacun des pays maintenant des blocus à différents endroits stratégiques. Comme l'a observé Pierre Razoux, chercheur à l'AFP, "les Iraniens contrôlent le détroit tandis que les Américains surveillent le golfe d'Oman."
La délégation américaine sera dirigée par le vice-président JD Vance, qui a déjà participé à d'autres négociations historiques avec l'Iran. Les discussions en cours sur l'uranium enrichi ajoutent une autre couche de complexité aux pourparlers, avec des désaccords persistants sur le programme nucléaire iranien.







