Les tracteurs sont de sortie, et la pression monte parmi les agriculteurs qui s'organisent pour faire entendre leurs revendications. Ce lundi, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a rencontré plusieurs syndicats agricoles afin de prévenir une nouvelle crise agrarienne. La menace d’un troisième hiver de colère paysanne pèse sur le gouvernement.
Les discussions ont débuté lundi, avec la rencontre des Jeunes agriculteurs (JA) à 15H, suivie par la Coordination rurale (CR) à 18H. Demain, la puissante FNSEA sera reçue à 17H30, tandis que la Confédération paysanne participera à une réunion à 19H00. Ces échanges visent à aborder de nombreux dossiers sensibles, tels que la crise de dermatose nodulaire contagieuse touchant les bovins, les prix du blé en chute libre, et la hausse des coûts des engrais qui affaiblissent les céréaliers. De plus, les inquiétudes concernant une concurrence accrue des pays du Mercosur et les négociations sur la politique agricole commune (PAC) européenne ajoutent à ce climat de tension.
Des barrages ont été mis en place sur plusieurs axes, notamment sur les autoroutes A75, A64, A51 et A7, où des agriculteurs ont bloqué les accès. Une voix s'est élevée parmi les manifestants : Laurence Chanove, animatrice régionale de la CR, a affirmé : "Nous ne bougerons pas tant que le gouvernement n’aura pas réagi à nos revendications, notamment concernant la dermatose et l'accord avec le Mercosur." Cette mobilisation pourrait bien s’intensifier, alors que des rumeurs suggèrent que la FNSEA pourrait appeler à des actions vers Paris.
Le Premier ministre a récemment adressé une lettre ouverte aux agriculteurs, promettant une phase plus "offensive" concernant leurs préoccupations face à l'Union européenne. Il a également demandé une surveillance renforcée des produits agricoles importés, notamment ceux ne respectant pas les normes établies en Europe. En réponse à ces enjeux, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé que le fonds hydraulique agricole sera porté à 60 millions d'euros d'ici 2026, mais les syndicats restent sceptiques quant à ces promesses jugées insuffisantes.
La FNSEA, qui avait mené une mobilisation massive à Bruxelles en décembre, continue d’alerter sur l'absence de réponse efficace aux problèmes de revenus des agriculteurs. Alors que la vaccination des bovins progresse dans le Sud-Ouest, les syndicats insistent pour une prise en charge complète face à la dermatose nodulaire. Avec l'accord de libre-échange UE-Mercosur devant être signé prochainement, la tension ne devrait pas s'apaiser.
Pour conclure, alors que la situation devient critique pour de nombreux agriculteurs, il est essentiel que le gouvernement trouve des solutions viables répondant à des préoccupations déjà anciennes. D'après des experts du secteur, sans des mesures concrètes, la colère des agriculteurs pourrait bien déferler de nouveau sur les routes.







