Dans une manœuvre qui rappelle des propositions passées, Donald Trump a récemment exprimé un intérêt marqué pour l'acquisition du Groenland, un territoire semi-autonome du Danemark, en raison de ses richesses minérales, notamment des terres rares.
La Maison Blanche considère cette île comme un point stratégique crucial dans le contexte de la sécurité nationale. Le Groenland, avec ses ressources minérales telles que le lithium et le graphite, pourrait offrir aux États-Unis un atout considérable dans la course aux ressources naturelles. Cependant, selon le Service géologique du Danemark et du Groenland (GEUS), l'exploitation de ces ressources se heurte à des obstacles environnementaux et logistiques majeurs.
Le pays est en grande partie recouvert d'une épaisse banquise, ce qui complique l'accès aux minerais. Par ailleurs, les températures hivernales peuvent descendre jusqu'à -9°C, ce qui représente un défi supplémentaire pour les projets miniers. Anthony Marchese, président de Texas Mineral Resources, a souligné que le manque d'infrastructures et les coûts d'exploitation pourraient s'avérer exorbitants.
En outre, bien que le Groenland possède des ressources minérales comparables à celles d'autres régions comme l'Australie ou le Canada, une dépendance persistante vis-à-vis des capacités de raffinage chinoises demeure un problème crucial. La Chine, en effet, contrôle une part importante du marché des terres rares, offrant un traitement que les États-Unis peinent à égaler.
Des personnalités politiques américaines, telles que Ted Cruz, plaident pour cette acquisition en mettant en avant les avantages économiques qu’elle pourrait apporter. Cependant, les autorités groenlandaises ont adopté une réglementation stricte sur l'exploitation des ressources afin de protéger l'environnement et assurer un revenu stable pour sa population. Le Washington Post a rapporté les inquiétudes exprimées par Jens Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais, sur l'impact environnemental potentiel de l'exploitation minière.
Un projet de mine prometteur, le Kuannersuit, a été stoppé en 2021 en raison de la présence d'uranium dans le site, tandis que les gisements éloignés de Tanbreez suscitent un intérêt croissant. Selon des analyses, les réserves de terres rares pourraient atteindre 36 millions de tonnes, ce qui représente un potentiel significatif. Toutefois, des experts comme David Merriman remettent en question la viabilité économique de ces gisements, citant la complexité de leur minéralogie comme un facteur limitant.
Les défis auxquels fait face le Groenland pourraient nécessiter une aide financière substantielle des États-Unis pour surmonter ces obstacles, ce qui soulève de nombreuses questions sur l'avenir de ce territoire et son rôle dans la stratégie minière mondiale.







