Les agriculteurs français maintiennent la pression face à l'accord controversé entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, avec des actions de blocage au port du Havre et sur l'autoroute A1.
Leur mobilisation s'est amplifiée récemment, notamment après la manifestation massive de la Coordination rurale à Paris. Ce sentiment de colère n'est pas isolé, car d'autres pays européens comme l'Italie, la Pologne et l'Irlande voient également des manifestations contre cet accord, qui vise à créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, touchant plus de 700 millions de consommateurs.
En France, le port du Havre et l'autoroute A1, essentielle pour le transport de marchandises entre Paris et les principaux ports d'Europe, sont actuellement le point de mire des agriculteurs. Dimanche soir, au total, plusieurs dizaines d'agriculteurs ont occupé le péage de Fresnes-Lès-Montauban pour contrôler les marchandises transportées par camions.
Des slogans tels que "Mercosur, Ukraine, DNC, trop c'est trop" et "Ce que nous vivons n'est pas une crise mais une escroquerie à l'agriculture" étaient visibles sur des banderoles. Au Havre, une opération a été mise en place pour inspecter les camions entrants et sortants, cherchant à assurer la conformité des produits alimentaires avec les normes européennes. Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime, a estimé qu'ils espèrent contrôler jusqu'à 5.000 camions par jour.
La Coordination rurale prévoit également de bloquer un dépôt pétrolier sur le port de La Rochelle, tandis que des menaces d'interventions policières émanent de préfectures pour lever des barrages, comme sur l'autoroute A63, un axe crucial vers l'Espagne.
Cette mobilisation des agriculteurs, amorcée par des préoccupations sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), est alimentée par l'aval donné par de nombreux pays membres de l'UE à l'accord avec le Mercosur, qui devrait être signé prochainement au Paraguay. Selon les détracteurs, cet accord pourrait désavantager les agriculteurs européens face à des produits importés d'Amérique du Sud, souvent moins chers et sans contrôle rigoureux des normes.
Le processus de ratification au Parlement européen, prévu pour février ou mars prochain, s'annonce serra avec un rassemblement prévu le 20 janvier à Strasbourg. Pendant ce temps, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé un soutien financier aux agriculteurs, mais cela n’a pas suffi à apaiser leurs inquiétudes. Comme l'indique le journal *Le Monde*, les agriculteurs estiment que les mesures proposées ne répondent pas à leurs préoccupations fondamentales.







