Le scrutin de ce dimanche, marqué par une faible mobilisation, a vu la Première ministre Takaichi, 64 ans, appelant les électeurs à son soutien après la dissolution de la chambre basse du Parlement en janvier. Sous un temps glacé, avec une participation de seulement 16,05 % enregistrée à 14h, soit une baisse significative par rapport aux précédentes élections de 2024, l'enthousiasme semble faire défaut.
Une politique monétaire ambitieuse face à une inflation persistante
Takaichi, en tant que première femme à occuper ce poste, incarne un virage vers l'ultra-conservatisme et un engagement fort envers des dépenses publiques élevées pour contrer l'inflation, qui dépasse le seuil de 2 % depuis près de trois ans. Pour illustrer son approche, elle évoque le "pousser le bouton de la croissance" avec des projections de l'OCDE qui prévoient une hausse de 1,3 % d'ici 2025.
"Le pays est face à un dilemme", souligne Pierre Martin, économiste à l'Université de Tokyo. "D'un côté, il faut relancer l'économie ; de l'autre, la gestion de la dette est cruciale pour maintenir la confiance des marchés." Les mesures économiques proposées, y compris un plan de relance de 135 milliards de dollars, ont suscité des inquiétudes parmi les investisseurs, reflétant une certaine appréhension vis-à-vis des politiques de Takaichi.
Alors que son gouvernement continue de bénéficier d'une cote de popularité avoisinant les 70 %, notamment chez les jeunes électeurs, les experts prévoient que le PLD pourrait dépasser les 233 sièges nécessaires pour retrouver la majorité absolue lors de ce scrutin, renforçant ainsi l'idée d'une poursuite de son agenda économique.
"Avec la montée des prix, ce qui m'importe le plus, c'est de savoir quelles politiques seront mises en place pour lutter contre l'inflation. Le pouvoir d'achat des ménages est essentiel," a déclaré Chika Sakamoto, une électrice de Tokyo.
Les enjeux géopolitiques et le soutien international
Les relations du Japon avec la Chine et les États-Unis sont également au cœur des débats. Peu après son accession au poste, Takaichi avait fait des déclarations audacieuses concernant l'intervention militaire en cas d'attaque contre Taïwan, une position qui a suscité des tensions avec Pékin. En outre, le soutien de Donald Trump à Takaichi intervient à un moment crucial, alors qu'il déclare qu'elle a prouvé sa compétence comme dirigeante.
"Une victoire du PLD fournirait un mandat clair pour continuer ces politiques," affirme Hiroshi Shiratori, professeur à l'université de Hosei. Les électeurs seront désormais appelés à faire leur choix, le résultat de ce scrutin pourrait redéfinir l'avenir économique et politique du Japon.







